«Berne se fiche de nous»
Le Tessin condamne vertement la politique fédérale des transports. Et dénonce ses conséquences.
Le ministre tessinois du Territoire s’en prend notamment au dosage des poids lourds qui est imposé par Berne au Gothard depuis l’accident du 24 octobre. Et Marco Borradori ne mâche pas ses mots.
«Il s’agit d’une décision ridicule, accuse le ministre, qui provoque des colonnes de routiers tout au long de l’autoroute A2.»
Les choses se passent autrement
Depuis la réouverture du tunnel du Gothard, la circulation des poids lourds se fait alternativement. Et, pour des raisons de sécurité, les camions doivent respecter une distance minimale de 150 mètres entre eux.
Mais, dans les faits, les choses se passent tout autrement. «Si les poids lourds maintiennent entre eux trois à quatre mètres, c’est déjà beaucoup», estime Silvano Stern.
En principe, 3500 camions devraient pouvoir franchir le Gothard dans les deux sens. «Mais, explique le chef-adjoint de la police routière tessinoise, si la mesure dictée par Berne devait effectivement être respectée, 2000 camions à peine passeraient.»
Le chaos qui règne à Chiasso
A cause de ces mesures, les camions arrivent par blocs à Chiasso. D’où le chaos qui règne le long de la ville-frontière.
«La semaine passée, raconte Ettore Cavadini, vice-maire de la localité, les colonnes ont atteint jusqu’à sept kilomètres. Pour la population, la situation est insoutenable.»
Et le conseiller d’Etat tessinois Marco Borradori de renchérir: «A Pâques, avec la circulation automobile en plus, le problème risque de devenir très grave».
Autre décision contestée par le Tessin, la fermeture provisoire de la douane suisse en cas de chaos. Une mesure qui est très difficilement praticable, elle aussi.
«Berne se fiche de nous avec sa politique des transports», lance Marco Borradori. Qui accuse, par ailleurs, le Conseil fédéral de contrevenir à la loi sur les transports.
23 000 camions par semaine
En effet, selon la décision adoptée le 8 octobre 1999 pour le transfert du trafic marchandises de la route au rail, le transit des poids lourds à travers les Alpes devrait graduellement diminuer jusqu’à l’ouverture du tunnel de base du Lötschberg.
Or, selon Marco Borradori, il n’en est rien. L’année dernière, sur la A2, le nombre de camions de passage n’a cessé d’augmenter. La douane de Chiasso est confrontée à un flux hebdomadaire de 5000 camions vides et de 18 000 pleins.
Pour tenter de trouver des solutions, Marco Borradori s’entretiendra une nouvelle fois avec des représentants de la Confédération. Une rencontre qui est fixée au 22 mars à Berne.
swissinfo/Gemma d’Urso, Bellinzone
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