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Bob Geldof prie la Suisse de s’engager pour l’Afrique

Bob Geldof lors d'une visite aux victimes du sida en Ethiopie en 2002. Keystone Archive

Militant contre la pauvreté, Bob Geldof a appelé les entreprises suisses à sauver des vies en Afrique en intensifiant leurs relations commerciales avec le continent.

S’exprimant lors du Symposium alpin d’Interlaken, qui s’est achevé mercredi, la rock star a aussi exhorté les banques à restituer l’argent «sale» que des dirigeants africains corrompus ont déposé en Suisse.

Le chanteur irlandais, connu pour avoir organisé le concert Live Aid contre la famine en Ethiopie (1985) et le Live 8 il y a deux ans, a rappelé aux responsables d’entreprises présents à Interlaken (Berne) qu’ils pourraient jouer un rôle majeur dans la reconstruction du continent noir.

«Je ne pense pas que le monde de la pop puisse encore le faire. Je veux que le monde des affaires le fasse, pas parce que cela vous donne bonne conscience, mais parce que c’est une question d’éthique et parce qu’on peut aussi faire de bonnes affaires avec les pays en voie de développement. Gagner de l’argent est éthique, tant que vous n’exploitez pas les gens et les ressources naturelles», a-t-il prêché.

Bob Geldof a indiqué que l’Europe tout entière avait le pouvoir de mettre sur pied un Plan Marshall, ainsi que les Etats-Unis l’avaient fait au lendemain de la 2e Guerre mondiale pour reconstruire les infrastructures et l’économie d’une Europe dévastée.

«Imaginez un continent désormais en plein forme et éduqué qui vend et qui achète, a-t-il poursuivi. Pouvez-vous imaginer la croissance pour vos entreprises? L’Afrique est en train de changer à un point que vous n’imaginez pas et il y aura un saut technologique dans un avenir proche.»

Les millions de la corruption

Le chanteur admet qu’il y a des obstacles culturels à surpasser lorsque l’on fait du commerce en Afrique. Mais il rejette l’idée que la corruption soit endémique en Afrique.

Bob Geldof estime que les problèmes sont souvent causés par les pays européens qui tente d’imposer leurs propres valeurs et leurs propres méthodes dans la manière de faire du commerce.

En ignorant l’Afrique comme partenaire commercial, la Suisse et le reste de l’Europe permettent à la Chine de tirer profit de l’Afrique au moyen de pratiques commerciales qui ne sont pas éthiques, ajoute le chanteur.

«L’une de nos satisfactions est de ne pas traiter avec l’Afrique, dénonce-t-il. En ignorant l’Afrique, nous la laissons à d’autres pays comme la Chine. Et ils font les mêmes erreurs que nous Européens il y a 150 ans, durant la colonisation.»

Bob Geldof a donc appelé la Suisse à assumer un rôle de leader pour changer la culture banquière et financière dans les pays développés. «Les banques suisses ont pendant longtemps abrité de l’argent sale, a-t-il dénoncé. La plupart des millions de la corruption en Afrique se trouvent en Suisse et à Londres.»

«Rendez cet argent, a-t-il plaidé. Nous commençons à le rapatrier, parce que nous voyons à quoi il peut servir lorsqu’il revient.»

swissinfo, Matthew Allen, Interlaken
(Traduction de l’anglais: Olivier Pauchard)

Bob Geldof est actuellement en train de faire campagne pour que les pays du G8 – Etats-Unis, Royaume-Uni, Canada, France, Allemagne, Japon, Italie et Russie – fassent de nouvelles concessions en faveur de l’Afrique.

Les responsables de ces huit pays qui représentent environ 65% de l’économie mondiale se réunit chaque année.

En 2005, Bob Geldof avait organisé un gigantesque concert pop qui coïncidait avec le sommet du G8 en Ecosse. La pression publique qui en a résulté expliquerait en grande partie les promesses d’aides supplémentaires que les membres du G8 ont consentis en faveur de l’Afrique.

Le prochain sommet du G8 aura lieu du 6 au 8 juin en Allemagne.

Cette cinquième édition s’est tenue à Interlaken les 16 et 17 janvier, avec des personnalités de l’économie, des sciences, de la politique et de la culture comme Bob Geldof, DJ Bobo ou Bertrand Piccard, qui ont débattu sur le thème «Busines Energy – Business Ethics».

Ce symposium a pour vocation de permettre aux entrepreneurs les plus progressistes de développer leurs compétences et leur savoir.

De nombreuses entreprises suisses du secteur des PME soutiennent cette manifestation. En s’associant à l’ONG World Vision, la rencontre a été pour la première fois organisé avec un partenaire du monde de l’humanitaire.

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