Bonne tenue du commerce entre la Suisse et l’Afrique
Les échanges commerciaux entre la Suisse et l'Afrique ont augmenté de 2,2% l'an passé. Mais de nombreux obstacles demeurent.
Ce taux de croissance (2,2%) a même dépassé celui enregistré avec le reste du monde (1,8%). Il faut dire que les trois pôles du continent présentent des évolutions contrastées.
Ainsi, les exportations suisses vers les pays de l’Afrique du Nord ont ainsi progressé de 5% par rapport à 2000 pour se fixer à 1,1 milliard de francs, alors que les importations de ces mêmes pays stagnaient à 1 milliard.
Avec l’Afrique du Sud, les livraisons de la Suisse ont chuté de 15%, à 500 millions de francs. Les importations ont en revanche augmenté de 26%, à 640 millions. Pour les autres pays, les exportations ont crû de 25% à 500 millions de francs, tandis que les importations reculaient de 14% à 700 millions.
Une évolution identique
«On peut donc dire que le bilan 2001 est à la fois positif et nuancé, selon les régions considérées», indique Olivier Bovet, chef suppléant du secteur Afrique et Moyen-Orient au Secrétariat d’Etat à l’économie (seco).
«Ce jugement s’applique aussi sur la décennie, puisqu’en 1990, la part de l’Afrique dans les échanges commerciaux globaux de la Suisse était sensiblement la même (2%) qu’aujourd’hui». Selon Olivier Bovet, cette évolution vaut également pour la présence des entreprises suisses en Afrique.
Le stock des investissements de la Suisse a en effet atteint 4 milliards de francs, soit 1,3% du total des investissements helvétiques dans le monde. Cette proportion s’est maintenue pendant les années 90, alors même que l’ensemble des investissements de la Suisse en Afrique diminuaient sensiblement.
Avant tout du pétrole
L’Afrique compte actuellement pour environ 2% des échanges commerciaux de la Suisse. En valeur, cela représente un peu plus de 2 milliards de francs de produits exportés et 2 milliards de francs de biens importés en 2001.
Les importations suisses d’Afrique sont principalement composées de pétrole (libyen et nigérian) et de platine sud-africain. A l’inverse, Berne a notamment exporté des machines, des produits chimiques et pharmaceutiques ainsi que des véhicules.
Ces différents biens sont influencés par la situation économique des pays acheteurs. Malgré ces résultats satisfaisants, les entreprises suisses ne sont pas «extrêmement» nombreuses à vendre et à investir en Afrique.
Des obstacles à une plus grande présence
Corruption, instabilité politique, insécurité, lourdeurs administratives, non-paiement de dettes pour des services ou des livraisons, refus de partenaires locaux d’appliquer des décisions de justice en cas de différends, empêchent une plus grande présence.
«Ces clichés négatifs ne sont pas valables partout en Afrique, mais ils le sont malheureusement plus qu’ailleurs», note Olivier Bovet. Il ajoute qu’ils retiennent bien des sociétés d’établir des relations d’affaires avec le continent. Le Conseil fédéral encourage pour sa part les entreprises à traiter avec l’Afrique.
A cet effet, il met à disposition du secteur privé, des mécanismes d’assurance des affaires, en particulier la Garantie contre les risques à l’exportation (GRE). En 2002, la Suisse poursuivra la promotion «active» de ses relations économiques bilatérales avec les pays africains.
swissinfo avec les agences
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