Comment faire des affaires au Japon
L'UBS se dote d'un conseil composé de personnalités parmi les plus influentes du Japon. Pour mieux pénétrer le marché nippon. Et se refaire une image.
Au Japon, les grandes banques suisses ne sont pas en odeur de sainteté.
Le Credit Suisse Group est devenu la première banque étrangère à avoir été condamnée par un tribunal pour entrave à la justice.
L’UBS, elle, a reçu plusieurs fois la visite d’inspecteurs de l’Agence japonaise de la Supervision financière. Pour avoir violé, plus ou moins gravement, la réglementation bancaire japonaise.
La première banque européenne
Bref, aujourd’hui, les grandes banques suisses ont besoin de redorer leur blason. Et l’UBS a décidé de prendre le taureau par les cornes.
Elle se dote – et c’est la première grande banque européenne à le faire – d’un conseil d’experts japonais.
Il est composé des plus grands capitaines de l’industrie japonaise. Mais également de personnes influentes ayant leurs entrées dans les allées du pouvoir politique de la deuxième puissance économique du monde.
Il comprend des personnalités telles que Mikio Sasaki (président de Mitsubishi Corporation), Tadashi Okamura (patron de Toshiba) ou bien encore Haruo Shimada (professeur d’économie de l’université Keio et conseiller de plusieurs Premiers ministres japonais).
Des leaders très distingués
Ce conseil d’experts doit entretenir des rapports étroits avec Lord Leon Brittan, vice-président de UBS Warburg Europe et ancien vice-président de la Commission européenne.
«Nous sommes très honorés d’avoir pu réunir un groupe de leaders aussi distingués, dit le PDG du groupe financier helvétique. Leur expérience pluridisciplinaire nous sera fort utile.»
Et Marcel Ospel de préciser: «Ce conseil d’experts aura pour tâche de faciliter la mise en œuvre de la stratégie de l’UBS au Japon. Et de rapprocher davantage la banque de la communauté d’affaires nippone».
Basé sur le modèle américain
«Les grandes banques américaines disposent déjà de conseils d’experts comparables à celui de l’UBS», rappelle un analyste de l’Institut de recherches économiques Nomura à Tokyo.
Et d’ajouter: «La société japonaise reste, aujourd’hui encore, très fermée. Et le recours à ses personnalités est indispensable si l’on veut pouvoir ouvrir des portes au plus haut niveau.»
swissinfo/Georges Baumgartner à Tokyo
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