Comment gagner la bataille de l’environnement
En Suisse, les progrès réalisés depuis dix ans en matière de protection de l'environnement sont notables. Mais il reste encore beaucoup à faire.
L’Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage (OFEFP) et l’Office fédéral de la statistique (OFS) ont publié lundi deux volumineux ouvrages qui dressent l’état de l’environnement en Suisse.
Dans ce domaine, selon la direction de l’OFS, la Suisse obtient la note de 4,6 sur 6. «En comparaison internationale, juge Philippe Roch, directeur de l’OFEFP, on fait du bon travail.»
Les coûts de la protection
Les dépenses faites pour la protection de l’environnement se montent à environ 1,6 % du produit intérieur brut (PIB) helvétique. Un chiffre qui peut sembler considérable. Mais qu’il faut relativiser.
En effet, il est comparable à ceux des autres pays de l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE).
L’Allemagne et les Pays-Bas, par exemple, consacrent respectivement 1,4% et 1,9% à la protection de leurs environnements.
De gros progrès ont été réalisés
En Suisse, depuis dix ans, la protection de l’environnement a fait des progrès considérables. «Elle est désormais devenue, se réjouit Philippe Roch, un élément incontournable des activités politiques, économiques et sociales.»
Les efforts consentis par les milieux économiques ont ainsi permis d’améliorer l’efficience écologique – le degré de pollution par unité produite.
Et de citer les progrès techniques concernant les chauffages, les moteurs à véhicules et les installations industrielles qui ont fait reculer les émissions de nombreux polluants.
Révisée en 1995, la loi sur l’environnement a également renforcé la protection de l’environnement. Notamment dans les domaines des déchets, des sites contaminés, des rayons non ionisants et du génie génétique.
Et, surtout, la pollution de l’air a fortement diminué. Depuis les années quatre-vingts, on constate 75% de réduction des oxydes de soufre, 40% des oxydes d’azote et 50% des composés organiques volatiles.
A souligner encore, cette fois dans le domaine agricole, que 8 % des surfaces utiles ont été cultivées en 2000 selon les règles de l’agriculture biologique.
Et, entre 1998 et 2000, 95 000 hectares de forêts – soit 8% de la surface totale – ont reçu un label certifiant qu’ils étaient exploités d’une manière respectueuse de l’environnement.
Encore des obstacles à surmonter
Cela dit, des ombres planent encore sur ce tableau plutôt réjouissant.
«La pression sur l’environnement ne cesse d’augmenter», avertit Philippe Roch. En Suisse, chaque seconde, le sol bâti progresse de 0,86 m², soit l’équivalent de dix terrains de football par jour.
En outre, le trafic routier ne cesse de croître. Il est désormais à l’origine de 34% des émissions totales de dioxyde de carbone. Sans parler du trafic aérien qui est lui aussi en pleine expansion.
Et puis, notent les spécialistes, les progrès techniques ont leurs limites. Ils entraînent de nouveaux risques.
Ainsi, les appareils électriques et la téléphonie mobile, en plein boom, ont multiplié les champs électromagnétiques.
Les prochaines étapes
Ces prochaines années, en Suisse, l’action écologique se concentrera plus particulièrement sur le génie génétique. Notamment avec l’adoption de la loi concernant la sécurité biologique.
Parmi les prochaines étapes, citons également la création de nouveaux parcs naturels, la réforme de la politique forestière, une intégration des coûts environnementaux dans les transports et l’énergie, ainsi que la coopération internationale dans les domaines prioritaires du climat et de l’eau.
swissinfo/Emmanuel Manzi
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