Crise de croissance pour virt-x
Sur fond de déprime des marchés, la bourse électronique des titres suisses et européens souffle sa 1ère bougie. Pour survivre, elle devra augmenter ses volumes.
Mardi, le gâteau d’anniversaire de virt-x aura un goût doux-amer. Malgré un système de transactions électronique performant, la plate-forme paneuropéenne de la Bourse Suisse peine à attirer les ordres sur les titres étrangers.
Lancée en grande pompe en juin 2001, virt-x avait l’ambition de devenir l’une des principales places d’échange pour les valeurs vedettes (les blue chips) d’Europe.
Virt-x traite depuis Londres les 27 valeurs composant le Swiss Market Index (SMI), l’indice phare du marché helvétique, et quelque 600 titres européens.
Un an plus tard, le bilan n’est pas à la hauteur des espérances. Les chiffres sont implacables, virt-x n’a toujours pas décollé. Les volumes d’échanges stagnent entre 40 et 60 milliards d’euros par mois, contre plus de 600 milliards d’euros à Londres.
Objectif pas atteint
Pour l’instant, virt-x n’a pas convaincu les traders qui préfèrent les Bourses bien établies telles que le London Stock Exchange ou la place de Francfort pour échanger les titres étrangers.
A quelques exceptions près comme Nokia ou Ericsson, les actions des grandes sociétés européennes sont toujours traitées sur leur marché d’origine.
Résultat, plus de 95% du volume de virt-x se fait sur les valeurs suisses comme Roche, Nestlé ou Novartis. On reste loin de l’objectif de 10% du marché des blue chips européens que s’est fixé la nouvelle Bourse pour sa première année d’exploitation.
La Bourse Suisse SWX et Tradepoint possèdent chacun 39% du capital de virt-x, le reste des titres étant dans le public. Le consortium Tradepoint réunit notamment UBS Warburg et le Credit Suisse First Boston, les américains Merill Lynch et JP Morgan, ainsi que des banques européennes comme ABN Amro ou la Deutsche Bank.
«Virt-x ne s’est pas développé comme nous l’attendions», admet Walter Baumann, responsable du business management pour le Credit Suisse First Boston en Suisse. Cependant, comme la plupart des représentants de banques helvétiques interrogés par l’ats, il se refuse à parler d’échec.
La plate-forme a été lancée à un très mauvais moment. Avec la déprime des marchés mondiaux, les investisseurs se sont repliés sur les Bourses de leur pays et limitent les transactions. En plus, les grandes places financières européennes défendent leur territoire.
Alliances et fusions inéluctables
Dans un paysage boursier en pleine mutation et toujours plus concurrentiel, la lutte fait rage entre les Bourses mondiales. Euronext, qui réunit les places de Paris, Bruxelles et Amsterdam, a racheté le Liffe, la Bourse anglaise des produits dérivés, alors que le Nasdaq américain est sur le point de s’implanter en Allemagne.
Les experts sont persuadés que des fusions entre Bourses sont inéluctables en Europe. Au final, il ne restera sur le Vieux Continent que deux ou trois pôles de liquidités.
Les banques helvétiques misent sur virt-x pour donner à la Suisse une place dans une alliance. Virt-x, qui bénéficie d’un système de transactions électronique unique en Europe, fera à terme partie d’une des grandes Bourses qui doit naître. Reste à savoir laquelle.
swissinfo/Luigino Canal
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