En difficulté, Clariant mise sur l’Asie
Pour redresser une situation financière délicate, Clariant compte sur le Japon et le reste de l'Asie. D'autres entreprises suisses font de même.
L’Asie est devenue une sorte de bouée de secours pour les chefs d’entreprises suisses qui restructurent, de façon drastique, leurs activités.
C’est le cas, entre autres, de Clariant. Le géant suisse de la chimie fine vient de dépêcher à Tokyo son responsable de la recherche et du développement.
Objectif de Hartmut Wiezer: faire savoir que Clariant se rapprochera davantage encore de sa clientèle asiatique.
Répondre aux exigences des firmes japonaises
«Clariant augmentera le taux de nouveaux produits lancés au Japon de 22% à 30%. Pour atteindre cet objectif, nous consacrerons 4% de notre chiffre global de l’ordre de 10 milliards de francs en 2001 à la recherche et au développement», déclare Hartmut Wiezer.
La présence à Tokyo de Hartmut Wiezer ne doit rien au hasard. En effet, il est chargé de développer des produits chimiques pour l’industrie des textiles mais aussi l’électronique, la téléphonie mobile, voire celle des nanotechnologies.
Clariant veut ainsi prouver qu’il est capable de répondre aux exigences les plus élevées des firmes japonaises à la pointe du progrès.
«Le Japon est un marché test. Le plus rigoureux au monde. Si vous le passez, vous réussirez à vendre vos produits ailleurs en Asie ou les entreprises japonaises ont délocalisé leur production. Ce test servira de référence», note un analyste de UBS Warburg à Tokyo.
Les entreprises suisses, même les plus grandes d’entre elles, se servent, ces jours-ci, du Japon comme tête de pont avancée vers le plus grand marché asiatique. Cette région du monde qui abrite la moitié de l’humanité bat tous les taux de croissance.
Ciba, ABB et les autres
En 2001, le PNB chinois a progressé de plus de 7%. De quoi inciter les sociétés suisses en difficultés, quels que soient leurs domaines d’activités, à renforcer leur présence dans cette région du globe.
Ciba Specialty Chemicals, Asea Brown Boveri, Roche, Zurich Financials sont les noms d’entreprises suisses qui redécouvrent les vertus de l’Asie pour améliorer leur santé financière.
«L’Asie assure, aujourd’hui déjà, entre 20% et 30% du chiffre d’affaires global de ces entreprises suisses. C’est une région appelée à connaître des taux de croissance de leur PNB supérieurs à la moyenne européenne ou nord-américaine», constate le même analyste.
Les firmes suisses le savent. Mais elles se heurtent à une forte concurrence de la part de leurs rivales européennes et nord-américaines. Car, elles ne sont pas les seules à présenter des bilans négatifs.
«La baisse du dollar est un atout pour les exportateurs américains. Tandis que le franc fort est un handicap pour leurs concurrents suisses. Mais la plupart des entreprises suisses ont une longue expérience des marchés asiatiques. Et disposent de bons produits», observe un responsable de la Chambre suisse du commerce et de l’industrie à Tokyo.
swissinfo/Georges Baumgartner à Tokyo
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