La voix de la Suisse dans le monde depuis 1935
Les meilleures histoires
Démocratie suisse
Les meilleures histoires
Restez en contact avec la Suisse
Podcast

En route vers la parité franc-dollar?

Depuis plusieurs mois, le billet vert est clairement sur la pente descendante, face au franc suisse, mais aussi face à l’euro. swissinfo.ch

Après avoir atteint, en début de semaine, la parité avec l'euro, le dollar poursuit sa dégringolade, également face au franc suisse. A quand 1$ pour 1FS?

La monnaie américaine s’est à nouveau retrouvée sous pression, vendredi, de même d’ailleurs que la Bourse suisse (moins 5,6% pour le SMI). Dans la matinée, le dollar est tombé à 1,4350 franc, son plus niveau depuis février 1999, avant de se stabiliser autour de 1,44 franc.

Depuis plusieurs mois, le billet vert est clairement sur la pente descendante, face au franc suisse, mais aussi face à l’euro. Il a passé lundi le seuil de la parité avec la monnaie européenne et continue depuis à perdre du terrain.

«Il y a plusieurs causes à cela, explique Patrizio Merciai, responsable de la stratégie chez Lombard Odier Darier Hentsch, à Genève. Il y a d’une part les événements récents, c’est à dire la faiblesse des bourses mondiales.»

Quand les capitaux repartent

«D’autre part, et à plus long terme, le dollar a perdu son statut de monnaie unique, dans la mesure où les vertus de l’économie américaine ont été remises en cause par les différents scandales comptables.»

«Mais surtout, poursuit Patrizio Merciai, la reprise économique est en train de se généraliser. On a plutôt une croissance qui se stabilise aux Etats-Unis et une reprise en Europe et au Japon. Et donc beaucoup plus d’intérêt pour des investissements dans ces régions-là.»

Une analyse que développe Philippe Coutaz. «Le reste du monde prête chaque année aux Américains environ 400 à 450 milliards de dollars», rappelle le chef économiste de la banque privée genevoise SCS Alliance. Mais, comme la rentabilité des investissements aux Etats-Unis diminue, le flux a commencé à s’inverser.

«Les investisseurs ont là-bas un gros paquet d’argent, explique encore Philippe Coutaz. De l’argent qui, du jour au lendemain, peut commencer à rentrer en Europe, au Japon ou dans les pays émergents. C’est la raison pour laquelle le dollar faiblit.»

Exagération à la baisse

Reste à savoir, ou à deviner, jusqu’où cet affaiblissement va se poursuivre. Patrizio Merciai compte de son côté sur une stabilisation de la monnaie américaine. «Dans la zone des 1,40 franc, précise le stratège de LODH. Mais pour nous il s’agirait plutôt d’une limite basse. Il ne faut pas oublier qu’historiquement c’est un niveau du dollar qui a été très fréquent.»

L’évaluation de Philippe Coutaz est différente. Pour lui, la période d’ajustement actuelle, à la baisse, va durer. Il rappelle qu’il y a un an, à un niveau de 1,82 franc, le dollar était nettement surévalué, par rapport à la parité des pouvoirs d’achat.

«Le premier ajustement ramène le dollar à cette parité des pouvoirs d’achat, et l’on se retrouve à 1,44 franc, ajoute l’économiste de SCS Alliance. Malheureusement, le dollar ne s’arrêtera pas là, parce qu’il y a toujours une exagération, à la hausse comme à la baisse.»

Peut-on imaginer une parité franc-dollar ? «Une réaction de 20% en-dessous de la fameuse ligne de pouvoir d’achat nous entraînerait vers 1,15-1,10 franc, répond Philippe Coutaz. On peut aller beaucoup plus loin, et y rester pas mal de temps.»

Bon ou mauvais ?

L’économie suisse va donc vraisemblablement devoir vivre avec un dollar faible. Ce n’est pas sans conséquences pour un pays très dépendant de l’étranger. Mais, comme le souligne Patrizio Merciai, la Suisse effectue la majorité de ses échanges avec la zone euro.

«Malgré la faiblesse du dollar, le taux de change entre le franc suisse et l’euro est resté pratiquement stable. Donc les effets ne sont pas si importants.» Patrizio Mercicai signale même un effet favorable sur l’inflation, puisque la plupart des matières premières sont facturées en dollar.

Il admet toutefois une légère perte de compétitivité des industries d’exportation sur les marchés non-européens, pour les industries d’exportation et le tourisme. Un élément que Philippe Coutaz, de son côté, considère même comme positif.

«Il va falloir que nos exportateurs se restructurent, réduisent leurs coûts de production pour améliorer leurs marges. La baisse du dollar et la hausse du franc suisse va forcer un grand nombre de sociétés à devenir plus compétitives. Une sorte de cure imposée de remise en forme.»

swissinfo/Pierre Gobet, Zurich

Les plus appréciés

Les plus discutés

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !

Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision