Givaudan veut mettre l’Asie à son parfum
Le groupe suisse va ouvrir en 2003 un important centre de recherche et de développement à Singapour. Givaudan vise l'Asie pour assurer sa croissance.
En Europe et aux Etats-Unis, le marché des arômes et des fragrances est arrivé à saturation. Il ne progresse plus qu’au rythme de 4 % à 5 % par an. Spécialiste des arômes et des fragrances, le groupe genevois table sur l’Asie pour assurer la pérennité de sa croissance.
D’où sa décision d’investir 11 millions de dollars dans un centre de recherche et de développement à Singapour. Ce centre s’ajoutera à ceux dont il dispose déjà dans les autres pays de la région, notamment au Japon, en Chine, en Inde et en Indonésie.
Ces pays concentrent la moitié de l’humanité. Givaudan y renforce sa présence pour mieux s’adapter aux goûts et aux odeurs locaux.
D’importantes classes moyennes
«L’entreprise de Genève a une longue histoire en Asie. Elle sait qu’il lui faut produire des arômes et des parfums toujours plus sophistiqués. D’importantes classes moyennes sont en train d’émerger. Et elles sont très exigeantes», observe un analyste de UBS Warburg à Tokyo.
Givaudan est le numéro deux mondial dans ces secteurs d’activité industrielle. Il produit les arômes et les fragrances utilisés par des multinationales de l’alimentation comme Nestlé. Ou les plus grandes marques de parfums et d’autres soins de beauté d’Europe, du Japon et des Etats-Unis.
Ces principaux clients sont, eux aussi, en train de consentir d’énormes investissements en Asie. Et ils attendent de Givaudan qu’il leur livre les éléments constitutifs de leurs produits qui se vendent le mieux dans cette partie du globe.
«Certains arômes correspondent mieux au goût asiatique que d’autres. Mais il arrive aussi que des arômes asiatiques soient adoptés par les Européens .Et vice versa. Comme la mangue, par exemple. Elle n’était pas populaire en Europe il y a vingt ans. Elle l’est aujourd’hui et nous avons donc développé un arôme adéquat», confie Luis Tanaka, le responsable des arômes de Givaudan à Singapour au journal Business Times.
Un pari asiatique crucial
Givaudan dépend de l’Asie pour près de 30 % de son chiffre d’affaires global. Il contrôle 15 % du marché mondial des arômes. Ceux-ci représentent 36 % d’un marché des ingrédients alimentaires estimé à 35 milliards de dollars par an.
Entre1999 et 2000, le marché indien des arômes et fragrances a augmenté de 200 % pour atteindre une valeur de plus de 400 millions de dollars.
En Chine et dans les autres pays d’Asie du Sud et du Nord-Est, les taux de croissance sont aussi, de loin, supérieurs à ceux que l’on connaît en Europe. D’où le pari asiatique de Givaudan.
swissinfo/Georges Baumgartner à Tokyo
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