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Hôtel recherche désespérément de l’argent frais

De nombreux hôtels nécessitent une aide à la rénovation, sous peine de fermeture Keystone Archive

Un hôtel suisse sur cinq est menacé de disparition. La faute au manque d'investissements dans un secteur où les rénovations sont urgentes.

Deux milliards de francs: c’est la somme nécessaire pour rénover le parc hôtelier suisse. Directeur de Valais Tourisme, Urs Zenhäusern le confirme: «nos prédécesseurs ont peut-être commis l’erreur de ne pas investir suffisamment. Aujourd’hui, nous devons rattraper ce retard, mais nous n’avons pas l’argent.»

Tout le problème est là: où trouver cet argent? La Confédération projette de verser 100 millions de francs à la Société de crédit hôtelier, dès l’an prochain. Une peccadille. Restent les aides cantonales. Et surtout les banques.

Pas de soutien artificiel!

Mais les institutions financières sont devenues restrictives. Et ne prêtent plus si facilement. Un exemple: les investissements de l’UBS dans ce secteur sont passés de 5 milliards de francs à 2,6 milliards.

«Nous ne pouvons pas soutenir artificiellement un pan de l’économie, explique Cédric Dietschy, porte-parole de l’UBS. Et c’est valable pour tous les secteurs: toute notre politique des crédits a changé.»

Concrètement, les banques ne tiennent plus compte de la valeur immobilière des hôtels, souvent élevée, pour octroyer un prêt. Ce qui les intéresse, c’est la rentabilité des établissements.

Or, beaucoup d’hôtels ne sont pas rentables. Deux professeurs de l’Ecole Hôtelière, à Lausanne, ont mené une étude sur cette question. Leur conclusion: 50% des établissements analysés ne réussissent simplement pas à rembourser leurs dettes.

Selon Emmannuelle Beaufils, l’une des auteurs de l’étude, beaucoup d’hôtels sont mal localisés. Et ne réussissent pas à faire le plein.

Certains propriétaires pêcheraient également au niveau du marketing. Simplement par manque de formation. «Les hôteliers cherchent à satisfaire tout le monde, et ne se positionnent pas clairement», résume l’autre auteur de cette étude, Christine Demen-Meyer.

De véritables managers

Les hôteliers n’ont donc pas le choix. Pour s’en sortir, ils doivent devenir de véritables managers. Et s’intéresser à des données aussi peu poétiques que les marges et les bénéfices.

Christian Rey, président de la Société suisse des hôteliers, l’admet: la profession ne s’intéresse pas suffisamment aux données économiques. Un changement dans les mentalités est nécessaire.

Reste à savoir si cette mutation sauvera le tourisme suisse, le troisième secteur de notre économie. «De façon générale, c’est une branche difficile, avertit Cédric Dietschy. Les investissements sont très importants, et les rapports moins immédiats.» Et cela même pour les bons gestionnaires.

Caroline Zuercher

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