L’économie suisse en mauvaise posture
La Suisse subit une vague de licenciements et de suppressions d'emplois qui va en s'accélérant, alors que la reprise se fait toujours attendre.
Selon le Secrétariat d’Etat à l’économie, il faudra patienter jusqu’en 2003 avant qu’elle n’intervienne.
Dans la foulée de plusieurs instituts, le Secrétariat d’Etat à l’économie (seco) révise lui aussi à la baisse ses prévisions de croissance du produit intérieur brut (PIB) pour l’année en cours et la suivante.
En mars dernier, le seco tablait encore sur une progression de 1 % pour 2002. Or, dans les prévisions publiées jeudi, ce chiffre tombe à 0,5 %. De même pour 2003, la prévision de croissance passe de 2,0 % à 1,7 %.
A fin 2001, la reprise de l’activité économique mondiale semblait se préciser aux Etats-Unis ainsi que dans le Sud-Est Asiatique. Or le dynamisme de l’essor de la conjoncture a vu son rythme fléchir depuis, explique le seco.
Demande intérieure trop faible
Certes, l’Union européenne est parvenue à s’extraire du creux de la vague, grâce aux exportations vers les Etats-Unis, mais la demande intérieure n’a pas encore affiché de reprise.
Il faudra donc faire preuve d’un peu de patience avant d’observer une vraie relance de la conjoncture chez le principal client de l’industrie suisse.
1200 emplois à la trappe en une semaine
Signe tangible de cette morosité: l’emploi souffre. Jeudi, Swisscom annonce 450 suppressions de postes et la firme de plâtrerie bâloise Mensch, en faillite, va se séparer de 126 employés.
Le même jour, on apprend que Rediffusion, repris par Fust, verra douze de ses magasins disparaître pour cause de double-emploi. Les conséquences sur les effectifs sont encore incertaines, mais il est évident qu’il y aura là aussi des suppressions de postes.
La veille, la banque Lombard Odier Darier Hentsch annonçait devoir faire passer 300 postes à la trappe. Sans oublier les 250 prévus chez le fabricant soleurois d’outils et d’accessoires électriques Scintilla, ni les 40 chez Ciba Spécialités Chimiques.
Lundi déjà, Morgan Stanley a supprimé une cinquantaine d’emplois dans la gestion de fortune à Genève, Zurich et Londres.
Quand le bâtiment ne va plus…
Autre ombre au tableau: l’industrie suisse des machines, des équipements électriques et des métaux a connu un mauvais premier semestre 2002. Les entrées de commandes ont diminué de 13,2 %, tandis que les chiffres d’affaires ont chuté de 17,2 %.
La morosité de la conjoncture a aussi continué de peser sur le commerce extérieur de la Suisse. Les résultats de juillet figurent parmi les plus faibles de l’année. Importations et exportations ont poursuivi leur recul.
Quant au secteur principal de la construction, il ne se porte guère mieux. Il continue d’évoluer défavorablement, constate la Société suisse des entrepreneurs à la lumière de son enquête conjoncturelle sur le 1er semestre. Et elle n’attend pas de revirement de tendance.
swissinfo avec les agences
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