L’Inde punit Credit Suisse First Boston
Le CSFB a été jugée coupable d'entente sur les prix par l'instance de contrôle boursière indienne. Elle est interdite de négoce de titres.
Cette mesure est valable pendant deux ans. Et le jugement de la Securities and Exchange board of India (SEBI) est rétroactif. Il prend effet dès le 18 avril 2001. Epoque à laquelle la succursale de la banque suisse avait été temporairement exclue du négoce boursier, suite à des soupçons.
Selon le Financial Times de mardi, le CSFB serait en fait impliqué dans le plus gros scandale de manipulation boursière de la décennie en Inde.
D’autres intermédiaires dans son collimateur
L’instance de contrôle indienne a d’autres gros intermédiaires de la haute finance dans son collimateur. Mais le CSFB est le premier courtier étranger exclu du négoce boursier.
Toujours selon le Financial Times, le CSFB était leader du marché avec une part de 17% des transactions institutionnelles. Les activités de banque d’affaires, elles, ne sont pas touchées par cette mesure.
CSFB se dit déçu par le verdict. La société n’a pas encore décidé qu’elle sera sa réaction. Mais elle envisage une action juridique.
«Le sort des quelque 30 courtiers et analystes qui travaillent dans la division touchée n’est pas non plus encore arrêté», précise Tom Grimmer, porte-parole de l’établissement à Hong Kong.
CSFB contre-attaque
Attaqué sur plusieurs fronts, Credit Suisse First Boston réclame à cinq assurances, dont Swiss Re, une contribution à l’amende que les autorités boursières américaines lui ont infligée pour entrées en bourse frauduleuses.
Cette affaire-là remonte au mois de janvier. La banque d’affaires du Credit Suisse Group avait accepté le versement de 100 millions de dollars afin de conclure à l’amiable l’enquête menée sur elle par la Securities and Exchange Commission (SEC).
Cette dernière soupçonnait le CSFB d’avoir privilégié certains de ses clients lors d’entrées en bourse et d’avoir empoché des commissions exagérées.
CSFB se retourne désormais contre cinq de ses assureurs et leur réclame le remboursement d’une partie de ce montant. Sur les 100 millions de dollars, 30 constituent l’amende proprement dite pour pratiques abusives. Et 70 millions correspondent aux gains indûment réalisés lors de la bulle spéculative liée à l’Internet.
Le CSFB est donc d’accord de verser les 30 millions de sa poche, mais estime que les 70 millions restants doivent être couverts par ses assurances. Déduction faite d’une franchise, elle réclame à cinq compagnies le versement de 45 millions de dollars.
La banque a engagé une action en justice devant un tribunal de l’Etat de New York. La date de ce jugement n’est pas encore connue.
swissinfo avec les agences
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