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L’USS en guerre contre le franc fort

Paul Rechsteiner, président de l'USS, et Serge Gaillard, secrétaire dirigeant à l'USS (à d.). Keystone

Alors que la bataille des salaires n'est pas encore gagnée, les syndicats s'en prennent notamment au franc fort, qui pénalise l'économie.

C’est un appel à la «modernisation sociale» qu’ont lancé les dirigeants de l’Union syndicale suisse (USS) lundi à Berne, à l’occasion de leur conférence de début d’année.

En 2002, l’USS veut redonner la priorité à la sécurité de l’emploi. La reprise économique a été de trop courte durée et la phase de stagnation actuelle laisse craindre que la barre des 100 000 chômeurs inscrits soit à nouveau franchie dès février. Le combat sera donc à mener sur plusieurs fronts.

La responsabilité de la Banque nationale

Selon l’USS, le cours du franc reste trop élevé et empêche toute embellie conjoncturelle cette année. La centrale syndicale appelle donc la Banque nationale suisse (BNS) à orienter sa politique sur l’affaiblissement du franc par rapport à l’euro.

«La BNS devrait viser une marge de fluctuation comprise entre 1 franc 50 et 1 franc 60 pour 1 euro», soutient Serge Gaillard, secrétaire dirigeant à l’USS. Dans les années 90, la Suisse est longtemps restée à l’écart de l’économie mondiale en raison notamment d’une trop forte appréciation du franc.

Pour Serge Gaillard, quelque 10 000 emplois seraient menacés par cette surévaluation. Le secrétaire de l’USS observe que, depuis le début 2000, les produits suisses ont renchéri de 8,5% par rapport aux produits européens, bien que la BNS ait minimisé cette hausse.

Salaires: la lutte continue

La campagne «Pas de salaires au-dessous de 3000 francs net!» a déjà donné des résultats satisfaisants dans les secteurs de la vente et de l’hôtellerie. Mais elle doit se poursuivre, a déclaré l’USS, qui va également axer son combat sur une meilleure égalité au travail entre hommes et femmes et sur la réduction du temps de travail comme alternative aux suppressions d’emplois.

Les syndicats veulent également rester attentifs aux assurances sociales et aux impôts. «Les décisions du Conseil des Etats visant un démantèlement des prestations de l’assurance-chômage sont indéfendables», déclare Paul Rechsteiner, président de l’USS.

Paul Rechsteiner n’accepte pas davantage les mesures fiscales prises par le Conseil national. «Si, comme l’entend notre ministre des Finances, les augmentations de la TVA prévues pour financer les assurances sociales servent à remplir les caisses de la Confédération, cela reviendra à financer de manière antisociale les cadeaux offerts aux riches», estime-t-il.

Inscrire les plans sociaux dans la loi

Autre constatation amère des dirigeants syndicaux: la précarité du droit suisse en matière de protection des travailleurs contre les licenciements. Tirant les conséquences de la crise Swissair, Romolo Molo, secrétaire à l’USS, juge nécessaire d’inscrire les plans sociaux dans la loi, au lieu de les laisser dépendre du seul bon vouloir du patronat.

L’Union syndicale a également réitéré son refus de la réforme du marché de l’électricité. «Il n’y a rien à changer à la situation actuelle, à moins de vouloir exploiter de nouvelles et inutiles sources de profit», estime Rolf Zimmermann, autre secrétaire dirigeant à l’USS.

swissinfo avec les agences

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