La bonne recette de Nestlé
Malgré le ralentissement mondial, le géant de l'alimentaire enregistre de bons résultats, avec un bénéfice net en hausse de près de 16%. Y a t-il un modèle Nestlé?
Les responsables de la multinationale, basée à Vevey, étaient visiblement satisfaits, jeudi, en présentant les résultats du groupe pour l’année passée. Et on peut le comprendre.
Le chiffre d’affaires, qui atteint près de 85 milliards de francs suisses, est en hausse de 4% par rapport à 2000. Le bénéfice net est de 6,7 milliards, soit en progression de 15,9%.
Une performance réalisée – comme le relève le directeur-général du groupe, Peter Brabeck – malgré «un environnement monétaire et économique défavorable». Référence à l’effet négatif de l’évolution des monnaies, mais aussi, et peut-être surtout, au ralentissement conjoncturel mondial.
Mieux que la concurrence
«L’industrie agroalimentaire est nettement moins sensible que d’autres aux fluctuations de l’économie, explique Frédéric Bersier, analyste à la banque Lombard Odier. Ce qui lui permet d’avoir, en général, des résultats qui varient moins avec le cycle conjoncturel.»
C’est une première explication. Mais Nestlé fait également mieux que ses concurrents. Avec 4,4% de croissance interne réelle (c’est-à-dire sans tenir compte des acquisitions, des changements de prix et de l’évolution des taux de change), relève Martine Rognon, de la Banque cantonale vaudoise (BCV), la multinationale de Vevey offre une performance supérieure à Unilever (2%) ou Danone (3,2%).
Même l’impact des attentats du 11 septembre aux Etats-Unis n’a guère pesé sur les résultats, puisque Nestlé enregistre une croissance annuelle – hormis le secteur des glaces – de 3,8%. Une croissance qui est nettement supérieure à celles du secteur alimentaire et de l’ensemble de l’économie américaine (environ 1% sur l’année).
Expansion payante
De plus, les chiffres de ces dernières années montrent des résultats en progression régulière, et souvent soutenus. Alors quelle est la recette de Nestlé?
L’une des clés du succès est la stratégie d’expansion du groupe suisse dans les pays émergeants et en développement. «Ce sont des économies qui jouissent d’une croissance supérieure aux pays développés», note Frédéric Bersier.
Ainsi, en 2001, la progression a été particulièrement forte en Europe de l’Est, dans certaines région de l’Afrique, ainsi qu’en Asie. A noter que le groupe a enregistré en Chine un véritable bond en avant du volume de ses ventes, avec plus 29%!
Autre stratégie gagnante, suivie depuis quelques années par Nestlé: «se concentrer sur des secteurs qui ont une croissance supérieure à la moyenne», analyse Frédéric Bersier. Le groupe s’est d’ailleurs débarrassé des activités dont la progression était moins forte.
Réduire les coûts
Enfin, le géant alimentaire travaille aussi sur sa rentabilité. On se serre la ceinture. «Nestlé a mis en place des projets assez mammouths, visant à réduire les coûts de plusieurs milliards de francs sur plusieurs années», rappelle Martine Rognon.
Un effort qui, selon l’analyste de la Banque cantonale vaudoise, devrait continuer à avoir un impact positif sur les résultats de Nestlé, à moyen et long terme.
La success story de la multinationale de Vevey est donc sans doute loin d’être terminée.
Pierre Gobet
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