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La croissance économique au point mort

Trop fort, le franc suisse pèse sur les entreprises tournées vers l'exportation. Keystone Archive

Au troisième trimestre de l'année, le produit intérieur brut (PIB) a pratiquement stagné. Les économistes parlent de «quasi récession». Le seco rassure.

Les chiffres publiés jeudi par le Secrétariat d’Etat à l’économie (seco) sont nettement inférieurs aux attentes des experts. Le PIB réel ne s’est accru que de 0,1% d’un trimestre à l’autre et de 0,8% par rapport à la période correspondante de l’année précédente.

D’autre part, les chiffres ont été revus à la baisse en ce qui concerne les deux premiers trimestres de l’année. A lieu des 2% et 1,7% estimés en septembre, le seco fait désormais état de respectivement 1,6 et 0,6%.

Quasi-récession, selon les analystes

Au troisième trimestre, seule la consommation des ménages privés a continué à progresser. Parmi les autres composantes du PIB, les investissements dans la construction ont stagné, alors que ceux en biens d’équipement ont poursuivi leur recul. Les exportations ont une nouvelle fois baissé. Les importations aussi.

«Il est possible que le 4e trimestre 2001 et le 1er trimestre 2002 affichent une croissance négative», commente Bernard Lambert, de la Banque Pictet & Cie. Techniquement, on pourrait alors parler d’une récession.

«Mais la Suisse ne retombera pas dans la situation du début des années 90, marquée par une crise prolongée», précise l’économiste. Des signaux positifs ne devraient pas tarder à venir des Etats-Unis, où l’activité sera soutenue par la faiblesse des taux d’intérêt et des prix du pétrole, combinée aux mesures budgétaires des pouvoirs publics.

Reprise attendue dans la seconde moitié de 2002

Selon le seco, la conjoncture devrait s’améliorer dans la seconde partie de 2002 et, pour 2003. Le groupe d’experts prévoit une croissance du PIB de 2% ainsi qu’une augmentation à nouveau sensible de l’emploi.

Autre constat du Secrétariat d’Etat à l’économie: c’est toujours du côté de l’économie mondiale que se situent les risques pour la conjoncture suisse. La situation est liée de près à l’impact des attentats du 11 septembre sur le comportement des consommateurs et des investisseurs.

La Suisse n’est plus une île

«La Suisse n’est plus une île comme elle l’avait encore été au 1er semestre 2001, avec des taux de croissance alors sensiblement supérieurs à ceux des pays européens et des Etats-Unis», relève pour sa part Janwillem Acket, de la banque privée zurichoise Julius Bär. Le pays est pris dans le «tourbillon» de la conjoncture mondiale.

Selon Andreas Höfert, d’UBS Warburg, le niveau du franc suisse constituera le principal facteur d’incertitude pour les prochains mois. L’euro, qui tourne autour de 1,47 franc actuellement, est passé sous la barre des 1,50 franc, généralement considérée comme un seuil à ne pas dépasser.

La Banque nationale suisse (BNS) ne voit pas de raison en l’état actuel de corriger ses prévisions de croissance pour l’ensemble de l’année et pour l’an prochain. Prévisions établies respectivement à 1,5% et 1%.

Le coup de frein du 3e trimestre avait été prévu, précise son porte-parole Werner Abegg. L’assouplissement des taux d’intérêt produira «tôt ou tard» ses effets positifs, assure-t-il.

swissinfo avec les agences

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