La faillite de Sasea dépasse le milliard de francs
La banqueroute de la société financière genevoise Sasea est en passe de devenir une des plus grosses débâcles d'Europe.
Faute d’actifs conséquents, les créanciers, dont le ministre de l’économie Pascal Couchepin, recevront au maximum 10% de leur mise.
Le Père Noël ne sera pas très généreux pour les milliers de créanciers de Sasea Holding, la société financière genevoise de l’italien Florio Fiorini tombée en faillite en octobre 1992.
«Compte tenu de l’évolution de la liquidation, les créanciers peuvent espérer toucher, à une date qui ne peut encore être déterminée, un dividende de 5 à 10%», voilà l’estimation faite par les administrateurs de la faillite de Sasea.
La scoumoune de Pascal Couchepin
Actuellement le passif admis de la société s’élève à 1,026 milliard de francs, mais une dizaine d’actions en contestation de l’état de collocation sont toujours en cours pour un total de 1,57 milliard.
Au final, la débâcle Sasea pourrait donc atteindre théoriquement la somme vertigineuse de 2,6 milliards. Parmi les quelque 2500 créanciers obligataires qui ont perdu des plumes dans cette affaire, on note la présence de Pascal Couchepin.
Le tout nouveau président de la Confédération possède une créance de 19’000 francs contre Sasea. L’ancien patron de l’économie suisse n’a décidément pas de chance avec ses investissements puisqu’il a aussi perdu 150’000 francs dans la faillite de Swissair.
L’addition est nettement plus lourde pour diverses banques helvétiques. La chute de Sasea coûtera environ 21 millions de francs au Crédit Suisse, 8,5 millions à l’UBS, 6,6 millions à la Banque Cantonale de Genève et 3,3 millions au Crédit Lyonnais (Suisse).
Des actifs très faibles
Du côté des actifs, c’est la soupe à la grimace. Même si des prétentions en responsabilité ont été négociées avec certains acteurs impliqués dans la banqueroute, il n’y a aujourd’hui dans la caisse que 111,7 millions de francs.
Il reste toutefois un petit espoir d’augmenter ce capital car «la masse en faillite a déposé plusieurs actions, dont 14 en responsabilité, contre des organes avec lesquels une transaction n’a pu être conclue».
Autre inconnue, la date du bouclement de la faillite. «Cela peut durer encore des années», estime un proche du dossier.
swissinfo/Luigino Canal
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.