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Le Credit Suisse accusé de blanchiment

Keystone Archive

Victime d'une escroquerie en Suisse, la société française Sodeca met en cause la Citibank, JP Morgan et le Credit Suisse.

En 1995, la Sodeca, une holding français active dans l’immobilier et la grande distribution, accepte de confier à un financier libanais, actif sur la place financière genevoise, 10 millions de dollars pour les faire fructifier.

Mais, le financier, Edward Armaly, disparaît en Extrême-Orient avec l’argent. Il fait l’objet d’un mandat d’arrêt international pour «escroquerie» et «abus de confiance».

Une nouvelle plainte

Mais plus récemment, la Sodeca a adressé à Bernard Bertossa une nouvelle plainte, affirmant que de nouveaux faits «éclairent d’un jour fondamentalement nouveau les circonstances qui ont présidé à la dissipation frauduleuse d’une somme de 10 millions de dollars».

Dans un mémoire d’une quarantaine de pages, la holding française accuse trois banques, le Credit Suisse, la Citibank, JP Morgan, et la société financière Gefinor, domiciliée au Luxembourg, mais disposant de locaux à Genève, d’avoir donné un coup de main à Edward Armaly pour permettre une «coupure dans la traçabilité des fonds et l’opacité de l’usage de ces fonds».

Le procureur général de Genève considère cette plainte suffisamment solide pour mettre un juge d’instruction, en l’occurrence Daniel Devaud – déjà en charge des affaires russes et des ventes d’armes à l’Angola – sur l’affaire.

Les 10 millions de dollars auraient servi de garantie pour des titres fiduciaires, émis dans un fonds de placement bancaire, Prudential ICC, appartenant à l’Etat de l’Illinois.

Placement dissimulé aux autorités

Selon la plainte, le Credit Suisse Zurich aurait procuré «en connaissance de cause à M. Edward Armaly, le moyen de dissiper frauduleusement les fonds de Sodeca et de les blanchir par un placement dissimulé aux autorités».

Le Credit Suisse ne fait pas de commentaire. Il n’a en effet pas été possible de joindre une personne au courant de ce dossier. De son côté, la société Gefinor, qui est accusée d’«abus de confiance, d’escroquerie, de gestion déloyale et d’organisation criminelle», n’a pas souhaité répondre à notre fax.

Gefinor est d’autant plus mis en cause qu’Edward Armaly travaillait bien pour elle en 1995. A cette époque, il dirigeait son bureau de représentation à Londres. L’argent, en revanche, est arrivé à Genève, le 27 juillet 1995, sur le compte de la société Broude Trading, domiciliée à Panama, et dont l’ayant droit économique était Edward Armaly.

Les 10 millions de dollars se sont ensuite évaporés dans la nature, en passant notamment par Lausanne, l’Autriche, le Nigeria, et les Etats-Unis.

Ian Hamel

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