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Le FMI tire sur les entreprises suisses

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Le Fond monétaire international demande plus de transparence aux entreprises helvétiques. Les Suisses y travaillent.

De meilleurs standards en matière de gouvernement d’entreprise. Voilà l’une des recommandations publiées lundi par le Fond monétaire international (FMI), à l’issue de la visite effectuée en Suisse par l’une de ses délégations.

Les représentants du FMI précisent ce qu’ils entendent par gouvernement d’entreprise: une transparence dans l’information, une comptabilité solide, des structures qui permettent une représentation équitable des intérêts des actionnaires et des garde-fous pour prévenir les conflits d’intérêts.

Or, la Suisse est loin d’être un modèle en la matière. «On sait depuis un certain temps qu’elle est en retard par rapport à d’autres pays, en Europe et ailleurs», explique Philippe Spicher, directeur de Centre Info, spécialisé justement dans la «corporate governance» et l’investissement responsable.

L’impact des «affaires»

Mais depuis un an, le problème ne cesse de gagner en évidence et en publicité. Il y a eu, par exemple, le combat des chefs chez Kuoni, puis la débâcle chez Swissair. Enfin, plus récemment, chez ABB, l’affaire des caisses de pensions dorées des dirigeants.

Autant de coups de pied dans la fourmilière. Suivis d’effets. «Il y a une accélération extraordinaire, reconnaît Philippe Spicher. Il y a moins de deux ans, on n’entendait tout simplement pas prononcer les mots de gouvernement d’entreprise.»

Economiesuisse, la fédération des entreprises suisses, s’est mise à préparer un «Code de bonne pratique», auquel les sociétés auront la possibilité d’adhérer. Quant à la Bourse suisse (SWX), elle planche sur une directive sur le gouvernement d’entreprise, qui s’appliquera, elle, à toutes les sociétés cotées.

Le monde politique s’en mêle

SWX annonce d’ailleurs ce lundi que ce texte a rencontré l’approbation générale lors de la procédure de consultation organisée auprès des grandes entreprises. Ces nouvelles règles devraient pouvoir s’appliquer aux rapports de gestion 2002.

Mais les milieux économiques ne sont pas les seuls à avoir empoigné le problème. C’est au tour du monde politique de monter au front. Ainsi, deux interventions parlementaires doivent être traitées lors de l’actuelle session des Chambres fédérales. Elles concernent les sous des patrons.

La première, qui émane du député tessinois Flavio Maspoli, demande un plafonnement du revenu des administrateurs de sociétés. L’autre, du Vaudois Pierre Chiffelle, exige plus de transparence dans la fixation des indemnités tant des membres de la direction que du conseil d’administration.

Les choses bougent

Quant à l’UDC, l’entrepreneur Christoph Blocher en tête, elle a annoncé le dépôt de deux initiatives parlementaires. L’une d’elles demande notamment la publication intégrale des salaires des administrateurs et des plus hauts cadres des sociétés cotées en bourse.

Les choses bougent, donc. «C’est un bon début», remarque Philippe Spicher. Mais, pour lui, on peut faire plus. Il prend l’exemple du code d’economiesuisse. «C’est quasi une révolution pour la Suisse. Mais en regard des meilleurs standards existant, ce code est relativement faible et peu exigeant.»

Pierre Gobet, Zurich

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