Le modèle suisse n’intéresse pas la Norvège
Le président de la Confédération Kaspar Villiger est en Norvège. Qui, elle aussi, ne fait pas partie de l'UE. Mais là s'arrête la comparaison.
La Suisse et la Norvège ont en point commun de ne pas faire partie de l’Europe des Quinze. Et les deux pays sont confrontés à la même question. A savoir quelles relations établir avec l’Union européenne (UE)? Mais la réponse de chacun est différente.
Par deux fois, en 1972 et en 1994, le peuple norvégien a refusé l’adhésion à l’UE. La question est donc mise au frigo. Du moins pour quelque temps.
Pour autant, la Norvège fait partie de l’Espace économique européen (EEE) depuis le premier janvier 1994. Elle en est même le principal membre, depuis que la Suède, la Finlande et l’Autriche ont adhéré à l’Union européenne.
C’est donc l’EEE qui fonde ses relations avec l’UE. Par ailleurs, la Norvège est membre de l’OTAN. Et, de ce fait, elle a conclu un accord de coopération dans le domaine de la sécurité et de la défense avec l’Union.
Enfin, le gouvernement norvégien a d’ores et déjà signé un accord pour intégrer l’espace Schengen sur la libre circulation des personnes.
Refus suisse de l’EEE
La Suisse, elle aussi, a participé aux négociations sur l’EEE. Mais le peuple ayant dit «non» à l’accord le 6 décembre 1992, le gouvernement helvétique a opté pour la négociation d’accords sectoriels avec l’UE.
Un premier «paquet» de 7 accords entre d’ailleurs en vigueur ce 1er juin. Un second round de discussions a démarré en juillet dernier.
Une voie différente donc de celle qui a été choisie par les Norvégiens. Et qui ne les séduit pas vraiment.
Certes, en Norvège, certains groupes opposés à l’EEE présentent le modèle helvétique comme une alternative. «Mais, lance Erik Arhus, il s’agit d’une minorité.»
Et le ministre conseiller à la Mission de Norvège auprès de l’UE d’ajouter: «le gouvernement norvégien n’a pas du tout l’intention de modifier sa politique européenne».
En clair, la politique du gouvernement actuel vise à consolider l’EEE. «Un accord, affirme Erik Arhus, qui fonctionne parfaitement et qui nous donne pleine satisfaction.»
Au contraire de la Suisse
Cela dit, les Norvégiens sont concernés par les 7 accords bilatéraux que la Suisse a conclu avec l’UE. En effet, ces accords sont également applicables aux membres de l’EEE. De la même manière , les accords conclus dans le cadre de l’élargissement européen seront étendus aux pays membres de l’EEE.
Par le biais de l’accord EEE, la Norvège est donc en prise avec l’évolution de l’UE. Au contraire de la Suisse.
En réalité, c’est plutôt la Suisse qui lorgne du côté du modèle norvégien. Pour preuve, elle aimerait bien, elle aussi, adhérer à l’espace Schengen.
swissinfo/Barbara Speziali à Bruxelles
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