Le patron de la BCV contre-attaque
Le président de la Banque cantonale vaudoise, Gilbert Duchoud, réfute les critiques formulées à son encontre par le gouvernement cantonal.
«J’estime que notre conseil et le comité de la banque n’ont pas commis de faute. Qu’ils sont compétents», affirme-t-il dans une interview publiée par Le Matin Dimanche.
Jeudi, Charles Favre, conseiller d’Etat vaudois en charge des finances, a demandé aux six représentants du canton au conseil d’administration de la BCV, à l’exception de M. Duchoud, de remettre leurs mandats. Le maintien ou non de M. Duchoud à la tête de la banque sera décidé, a dit M. Favre, en mai prochain.
Le grand argentier vaudois a expliqué jeudi également que le gouvernement préparait un projet de loi proposant de faire passer l’effectif des administrateurs de 21 à 11. «Il y a d’autres méthodes pour réduire leur nombre que de leur trouver des fautes imaginaires», répond M. Duchoud dimanche.
«Il faut attendre»
«Si l’on veut calmer le jeu, il faut attendre le résultat de l’expertise» du réviseur Arthur Andersen, ajoute-t-il. La BCV doit être recapitalisée à hauteur de 600 millions de francs (le canton mettra 300 millions) pour porter ses provisions à 1,7 milliard de francs, en raison de la nouvelle manière de couvrir les crédits douteux.
La polémique porte sur le fait que la banque aurait, selon le gouvernement, informé trop tardivement l’Etat. En tout cas après la votation sur le statut de la BCV. Cette votation s’est déroulée le 23 septembre dernier.
«Le mandat confié à Arthur Andersen» pour évaluer les besoins en provisions de l’établissement «n’a été signé qu’au début octobre», explique M. Duchoud.
«J’ai toujours défendu ce point de vue. Le Conseil d’Etat le comprend manifestement, mais considère malgré tout qu’il y a erreur grave. Je trouve cela pour le moins étonnant et m’interroge sur la méthode», ajoute-t-il.
Stabilité
Gilbert Duchoud affirme «comprendre» la vision des politiciens, et «aller à leur rencontre». «Mais il y a des limites», dit-il. Le président de la BCV met en avant «la stabilité de l’établissement», l’élément primordial à ses yeux.
M. Duchoud reconnaît que les 300 millions de francs que devra payer le canton pour augmenter le capital de la BCV sont une somme «considérable» pour le citoyen-contribuable. Il souhaite cependant que les milieux politiques et économiques «relativisent» cette somme par rapport «à ce que la banque a fait durant toutes ces années pour essayer de sortir le système bancaire vaudois du marasme».
swissinfo avec les agences
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