Le PDC approuve l’ouverture du marché de l’électricité
Les délégués du Parti démocrate-chrétien (PDC) ont presque unanimement approuvé l'ouverture. Le peuple se prononcera le 22 septembre.
Réunis samedi à Schwytz, les délégués n’ont guère hésité à donner leur bénédiction à l’ouverture du marché de l’électricité. Ils ont en effet dit oui au projet par 183 voix contre une et deux abstentions. Le PDC devient ainsi le 1er parti gouvernemental à donner son mot d’ordre sur ce sujet.
Le sujet n’a pas agité l’assemblée. La demi-douzaine d’intervenants, essentiellement alémaniques, ont répété les arguments de leurs dirigeants et enjoint leurs collègues de parti à s’engager en faveur de la Loi sur le marché de l’électricité (LME).
Le président du parti Philipp Stähelin leur avait auparavant rappelé les avantages de la nouvelle loi aux yeux du PDC. Elle permet une libéralisation «progressive» et «contrôlée» tout en ancrant le principe d’un service public de qualité qui reste abordable, conforme à la conception des démocrates-chrétiens.
Ainsi, une société nationale chargée de l’exploitation du réseau garantira un transport de l’électricité à des prix avantageux. Avec l’obligation de raccordement et de l’acheminement du courant, l’approvisionnement de l’ensemble du territoire sera assuré. Le service public ne doit pas être sacrifié, car il est garant de la «cohésion nationale», a averti Philipp Stähelin.
«Entêtement idéologique» ou «turbo»
Toutefois, la gauche se trompe en croyant que l’Etat doit tout faire tout seul, a affirmé le président des démocrates-chrétiens. Pour lui, l’opposition des socialistes à la LME tient de l’«entêtement idéologique».
Le ministre radical de l’économie Pascal Couchepin ne fait pas mieux, lui qui met le «turbo» en annonçant «pratiquement chaque semaine» des nouveaux concepts de privatisation et de libéralisation. «Ne secouez pas trop le peuple, Monsieur Couchepin, a exhorté Philipp Stähelin, car il risque finalement de secouer la tête» – en signe d’incompréhension ou pour dire non.
Le conseiller aux Etats valaisan Rolf Escher a également défendu la LME, avançant sa position de directeur d’une entreprise régionale d’électricité, la Furka-Oberalp (FO), pour pouvoir juger en connaissance de cause. La nouvelle loi profiterait à sa société, car les forces motrices lui vendraient l’énergie à des tarifs concurrentiels et adaptés au marché.
Courant meilleur marché
Non seulement les petites et moyennes entreprises, mais aussi les ménages seront les bénéficiaires de la LME, a assuré Rolf Escher. Les énormes différences de prix qui existent aujourd’hui en Suisse disparaîtront et le courant deviendra meilleur marché. Les forces motrices ne pourront plus abuser de leur situation de monopole pour faire des bénéfices, a-t-il encore plaidé.
Les marchés européens de l’énergie sont en pleine évolution et la Suisse est forcément entraînée dans le mouvement, a pour sa part rappelé la conseillère fédérale Ruth Metzler. Avec la LME, l’ouverture du marché helvétique aura lieu de façon «équitable» le long de garde-fous.
swissinfo avec les agences
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