Les bagages aériens ne transiteront plus aux CFF
Unique au monde, le système suisse d'enregistrement dans les gares des bagages des passagers d'un vol aérien est en crise.
La faute à la libéralisation du trafic aérien, l’écroulement de Swissair et la réorganisation de l’aéroport de Zurich.
Depuis plusieurs semaines, les passagers de vols au départ de Suisse qui veulent enregistrer leurs bagages et obtenir leur carte d’embarquement dans une gare CFF (système «Fly Rail») doivent souvent déchanter.
Pour presque tous les vols de Swiss, il n’y a pas de problème. Mais pour ceux de nombreuses autres compagnies, cela devient toujours plus difficile.
A l’origine du problème, la libéralisation croissante du trafic aérien et sa mondialisation, mais aussi l’écroulement de Swissair et la réorganisation de l’aéroport de Zurich.
Un système ingénieux
A ses heures de gloire, Swissair avait en Suisse le quasi-monopole des activités d’assistance aéroportuaire («handling») pour les vols au départ ou à destination de la Suisse.
Lorsque, vers la fin des années 70, les CFF ont eu l’idée géniale d’introduire un système d’enregistrement des bagages des passagers de vols aériens dans les gares ferroviaires, leur tâche est donc relativement facile puisqu’il n’y a pratiquement qu’un seul partenaire, Swissair.
Tout change
Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Swissair a vendu la société prospère qui gérait ses activités d’assistance aéroportuaire («Swissport»). Et l’octroi à une seule compagnie aérienne d’un monopole de fait dans ce secteur n’est plus vraiment conforme à l’idéologie «mondialisante».
Bien des compagnies souhaitent d’ailleurs gérer elles-mêmes leurs passagers dans les aéroports et c’est avec elles que les CFF doivent désormais traiter.
Un hic informatique
Or cela devient toujours plus difficile. Le nouveau système informatique ultraperfectionné de gestion des passagers introduit ces derniers mois par l’aéroport de Zurich – et utilisé par la plupart des compagnies – n’est souvent pas compatible avec celui, plus ancien, des CFF.
Et il n’est pas question que les CFF se lancent dans les investissements immenses que nécessiterait l’acquisition d’ordinateurs et de logiciels correspondants.
De toute façon, de plus en plus de compagnies hésitent désormais à mettre à disposition des CFF leurs données informatiques sur les réservations de leurs passagers.
Elles craignent apparemment que ces données ne puissent être utilisées par des concurrents.
«Fly Rail», qui a toujours connu un vif succès, est donc en perte de vitesse. Et beaucoup le regretteront.
L’histoire d’une réussite
C’est le 1er juin 1980 que les CFF ont lancé ‘Fly-Rail» («à l’époque ‘Fly-Baggage»). Unique au monde, ce système permet aux passagers d’un vol au départ de Suisse d’enregistrer leurs bagages dans une gare suisse jusqu’à l’aéroport de destination finale.
Et cela même si le vol comprend plusieurs escales et se fait avec plusieurs compagnies. Depuis 1988, il est en outre possible d’obtenir également au guichet des gares sa carte d’embarquement et de réserver sa place dans l’avion.
Le système permet par ailleurs – dès 1989 – d’enregistrer ses bagages dans n’importe quel aéroport du monde jusqu’à une gare ferroviaire suisse.
Suite à une décision de l’Administration aéronautique des Etats-Unis, les passagers des compagnies aériennes américaines desservant la Suisse n’ont cependant jamais pu profiter de «Fly Rail».
D’autre part, depuis le 1er janvier de cette année, l’enregistrement des bagages ou l’obtention de cartes d’embarquement dans les gares est généralement impossible pour les vols des compagnies Lufthansa, Air France, Austrian Airlines, SAS, Singapore Airlines, Japan Airlines, Quantas et Easyjet.
swissinfo, Michel Walter
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