Les banquiers suisses font feu de tout bois
L’Association suisse des banquiers (ASB) accuse l’Union européenne (UE) de traîner les pieds dans le dossier de la fiscalité de l’épargne.
Par ailleurs, elle met en cause la crédibilité du rapport de l’OCDE sur les banques.
L’ASB monte aux barricades pour que la Suisse et l’Europe des Quinze puissent introduire la retenue d’impôts à la source sur les revenus de l’épargne, dès le premier janvier 2005 déjà.
«Or, en matière de fiscalité de l’épargne le temps commence à presser», a lâché jeudi à Zurich devant la presse, le président de la direction de l’association faîtière des banquiers, dans le cadre de son assemblée annuelle.
Et Urs Roth de préciser: «Comme les détails de l’accord entre la Suisse et l’UE manquent toujours, le Conseil fédéral n’est pas en mesure de le présenter au parlement».
En clair, l’ASB accuse les «eurocrates» d’être partis en vacances sans avoir fait leur travail.
«Il est inacceptable, accuse Urs Roth, que la Suisse s’emploie à de lourds travaux préliminaires, qu’elle soit prête à temps, alors que d’autres pays de l’Union européenne n’ont pas fait grand chose, voir encore absolument rien du tout.»
L’OCDE aussi sur la sellette.
Les banquiers suisses font feu de tout bois. Et pas seulement contre l’Union européenne.
Dans son rapport annuel l’ASB s’en prend aussi à la politique de l’Organisation de coopération pour le développement économique (OCDE) en matière de fiscalité.
Elle met en cause la manière dont l’OCDE mène sa lutte contre la concurrence fiscale. Et elle dénonce en l’occurrence les attaques menées dans ce contexte contre le secret bancaire helvétique.
«L’OCDE, précise Urs Roth, n’avance malheureusement pas des arguments scientifiques, mais politiques.»
Légitimer une politique
Selon l’Association suisse des banquiers, certains Etats qui ont une fiscalité lourde tentent de légitimer leur politique en exerçant une pression sur le régime des impôts d’autres Etats en utilisant l’OCDE.
Et cette dernière, toujours selon l’ASB, serait bien inspirée de se concentrer sur certains de ses Etats membres qui présentent un déficit dans l’application de la législation en vigueur.
En l’occurrence, les attaques des banquiers suisses concernent surtout le comité fiscal de l’OCDE. Qui veut la fin du secret bancaire et l’introduction d’un échange automatique d’informations.
La réalisation de ces objectifs, estime l’ASB, nuirait à la sphère privée des clients des banques qui sont honnêtes. Et puis elles entraîneraient la création d’une bureaucratie surdimensionnée.
swissinfo et les agences
-L’association suisse des banquiers accuse l’Europe de traîner les pieds en vue de l’introduction des impôts à la source sur les revenus de l’épargne.
-L’introduction de cette taxe doit avoir lieu en Europe et en Suisse le premier janvier 2005.
-Cet impôt à la source doit augmenter graduellement jusqu’à 35% d’ici 2015.
-Les banquiers suisses appellent le gouvernement à ne pas mettre la pression sur les banques suisses si les autres pays d’Europe ne sont pas prêts.
-Les banquiers suisses mettent également en doute la crédibilité du rapport de l’OCDE (47 pays) sur les banques, qui argumente plus pour des raisons politiques que scientifiques.
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