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Les Etats-Unis censurent Bluewin

Bluewin figure sur une liste noire des fournisseurs d'accès du gouvernement américain. Keystone Archive

Washington bloque les messages électroniques envoyés à un service officiel américain par les clients de Bluewin, premier fournisseur d'accès internet suisse.

Seule solution pour l’instant: s’abonner à un autre fournisseur d’accès.

Le porte-parole de l’Office fédéral de l’informatique, Claudio Frigerio, n’arrive pas à y croire. «C’est impossible» dit-il spontanément dans un premier temps.

Mais visiblement, les faits sont là: depuis quelques semaines, le premier fournisseur de services Internet de Suisse, Bluewin (860 000 clients), figure sur une liste noire du gouvernement des Etats-Unis.

Cela signifie, selon Bluewin (filiale à 100% de Swisscom), que la plupart des messages électroniques envoyés par un client de Bluewin à un service du gouvernement fédéral américain – il s’agit des adresses se terminant par .gov – sont retenus par les ordinateurs de Washington et ne parviennent jamais à leurs destinataires.

Spamming

Encore une mesure anti-terroriste? Oui, d’une certaine manière, si l’on considère l’envoi de courrier électronique non-désiré (érotique, commercial ou autre) – spamming – comme une sorte d’agression.

Selon la porte-parole de Bluewin, Deborah Bucher, c’est en effet le «spamming» qui serait à l’origine du problème.

Des services officiels américains auraient visiblement reçu du courrier électronique non-désiré à partir d’adresses Bluewin et les responsables informatiques concernés auraient immédiatement bannis la filiale de Swisscom de leurs listes de fournisseurs d’accès. Une pratique courante dans le monde d’internet.

Irréprochable jusqu’ici

Pourquoi alors la surprise du porte-parole de l’Office fédéral de l’informatique? Tout simplement parce que la réputation de Bluewin en ce qui concerne la lutte contre le spamming – source «d’immenses problèmes» selon Claudio Frigerio – est excellente.

«C’est en tout cas la première fois à notre connaissance que la firme suisse est placée sur liste noire», poursuit l’intéressé.

Il faut savoir à cet égard que Bluewin bloque systématiquement les adresses de ses clients soupçonnés d’utiliser ses services pour envoyer des «spams».

Le problème, c’est que l’univers d’internet permet des manipulations et qu’un fournisseur d’accès n’est jamais totalement à l’abri des «spammeurs».

Petit rappel: ils agissent en général soit pour promouvoir la vente d’un produit, soit par malveillance.

Piratage

Il est par exemple tout à fait possible qu’un «spammeur» qui n’a rien à voir avec Bluewin utilise le fournisseur d’accès suisse pour répandre son «spam» sans que Bluewin ne s’en rende compte.

Pour le premier fournisseur d’accès à internet en Suisse, l’affaire est extrêmement ennuyeuse. Il semble en effet très difficile de se faire rayer d’une liste noire aux Etats-Unis.

Pour l’instant, Bluewin doit conseiller à ses clients de s’abonner à un autre fournisseur d’accès s’ils veulent correspondre avec un service gouvernemental américain.

Zèle excessif?

Bluewin va évidemment tout faire pour obtenir l’annulation de la mesure américaine – qui serait, selon l’Office fédéral de l’informatique, l’expression d’un «zèle excessif» – mais selon l’opérateur suisse, cela prendra du temps.

A noter que le service informatique du Département d’Etat américain, qui a fait, à notre demande, une enquête, n’est pas au courant du fait que Bluewin serait sur une liste noire.

Il est vrai que ce sont souvent des ordinateurs qui, automatiquement, déclenchent le la mise sur liste noire d’un fournisseur d’accès.

swissinfo, Michel Walter

Bluewin est considéré comme un spammeur par les autorités américaines.
Les courriels partant d’une adresse Bluewin sont donc plus délivrés à leur destinataire.
L’annulation de cette mesure prendra beaucoup de temps.

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