Les paysannes suisses ne chôment pas
En Suisse, les femmes d'agriculteurs mettent la main à la pâte. Elles travaillent 70 heures par semaine.
Selon une étude publiée mardi par l’Office fédéral de l’agriculture, leur rôle est prépondérant.
Réalisée auprès de 880 agricultrices de toute la Suisse, cette étude de l’Institut de sondage Gfs vise à déterminer le rôle exact de la femme dans le monde rural suisse.
«Ce chiffre de 70 heures de travail hebdomadaires totalise le travail sur l’exploitation et les tâches ménagères», précise Esther Muntwyler, de la direction de l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG).
Plus précisément, le travail purement agricole avoisine les 24 heures par semaine. Ce qui laisse une grande place aux travaux dits «non-rémunérés».
«Selon une étude similaire menée outre-Rhin, dit Esther Muntwyler, le statut de la paysanne allemande est quasi identique à celui de la suissesse. Même si, avec ses 63 heures hebdomadaires, elle travaille un peu moins.»
L’étude Gfs nous apprend aussi que la moitié des femmes de paysans suisses pratiquent une activité professionnelle annexe dont le revenu n’excède pas 10% du revenu de l’exploitation agricole.
«Paradoxalement toutefois, ajoute Esther Muntwyler, ces femmes avouent trouver suffisamment de temps pour leur vie de famille et amoureuse.»
Mères de famille avant tout
Il est intéressant de relever que ces paysannes se considèrent avant tout comme des mères de familles et des ménagères. Deux rôles qui semblent très bien leur convenir.
«La plupart de ces femmes ne se plaignent pas, souligne Esther Muntwyler, elles apprécient même une grande liberté que l’on ne trouve pas toujours chez un patron.»
Cela dit, ce temps consacré au travail et à la famille est pris sur les loisirs et les sorties. Des sorties qui, comme les vacances, restent un luxe.
En effet, une paysanne sur deux avoue ne prendre qu’une semaine de vacances par année. Faute de temps… et d’argent.
Confiance en l’avenir
A noter que près de 60% des femmes de paysans consultées, sont issues de familles d’agriculteurs. Un chiffre qui tend à la baisse avec les jeunes générations.
Par ailleurs, le temps où toute une famille partageait le même toit d’une exploitation agricole, semble, lui aussi, bien révolu.
Car selon l’étude, si les membres d’une famille travaillent souvent dans une même exploitation, il est fréquent qu’ils n’habitent plus ensemble.
Enfin la moitié des femmes interrogées voient l’avenir avec confiance, mais en nuance.
«Elles ont confiance en elles-mêmes, confirme Esther Muntwyler. Mais elles sont nettement plus sceptique quand elles parlent de l’avenir de l’agriculture.»
swissinfo/Jean-Louis Thomas
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