Les pilotes de l’ex-Swissair réclament davantage
Les pilotes de l'ex-Swissair déposent auprès du commissaire au sursis du groupe de nouvelles prétentions de créances pour 1,35 milliard de francs.
Le commissaire estime qu’elles sont de nature à «compromettre les concordats» des sociétés concernées.
Les nouvelles prétentions concernent les sociétés SAirGroup (ancienne holding), SAirLines (activités aériennes) et Flightlease (locations d’avions), annonce vendredi le commissaire au sursis des sociétés de l’ex-SAirGroup Karl Wüthrich dans son rapport hebdomadaire.
Une quadruple requête
Auparavant, les 1100 pilotes concernés avaient déjà présenté les mêmes créances à leur ancien employeur Swissair SA (compagnie).
Ainsi, ils font désormais valoir auprès de quatre sociétés des créances de salaire pour une période de cinq ans, ainsi qu’un salaire supplémentaire d’une année à titre d’indemnité.
A cela s’ajoutent des créances relatives aux allocations pour enfants, aux cotisations d’assurances sociales et aux pertes subies en tant qu’actionnaires de l’ancienne compagnie.
Si ces nouvelles prétentions devaient être admises, les actifs de SAirLines et de Flightlease ne couvriraient pas les créances privilégiées. Il ne saurait donc être question de concordat pour ces deux sociétés.
Concernant SAirGroup, la couverture serait difficilement assurée par les actifs, «ce qui compromettrait à tout le moins la possibilité de concordat».
Procédure retardée
Le commissaire déplore en particulier le fait que les pilotes fassent fi, par leurs prétentions, du salaire qu’ils continuent de percevoir chez Swiss. Celui-ci devrait être déduit des prétentions. Des pourparlers sont encore agendés entre le commissaire et les représentants des pilotes.
Les nouvelles exigences retardent toute la procédure. Initialement, il était prévu que le juge se prononce durant le mois d’octobre sur le devenir de SAirGroup, SAirLines et Flightlease, à savoir soit la faillite, soit la liquidation concordataire. Mais le juge attend encore la proposition du commissaire au sursis.
Les pilotes ont le droit de faire valoir des créances sur leur ancien employeur Swissair. «Mais il est douteux qu’ils le fassent envers toutes les sociétés du groupe», observe Filippo Beck, partenaire de l’étude Wenger Plattner du commissaire au sursis.
Aeropers se justifie
De son côté, le syndicat des pilotes Aeropers justifie la démarche de son avocat par les irrégularités constatées lors de la restructuration de l’ancienne Swissair SA au sein de SAirGroup.
Le montant total des prétentions reste inchangé, et il est faux de parler de nouvelles exigences, comme le suggère le commissaire, fait encore valoir le syndicat.
Au total, SAirGroup doit faire face à des exigences de créances pour plus 39 milliards de francs. Les requêtes concernant SAirLines se montent à 20,35 milliards et celles sur Flightlease à 16,45 milliards. Les sociétés en question ne reconnaissent elles-mêmes que 15,7 milliards de dettes.
Pour sa part, la société Swissair Schweizerische Luftverkehr SA, ancien employeur des pilotes, est confrontée à des demandes à hauteur de 36,2 milliards de francs.
Par ailleurs, le Tribunal de district de Zurich a accepté un recours d’un groupe de gros créanciers estimant que les banques étrangères et les sociétés de leasing n’étaient pas suffisamment représentées dans la commission des créanciers de SAirGroup. Ainsi, celle-ci comptera un nouveau membre en la personne de l’avocat Adriano Viganò (Zurich).
swissinfo avec les agences
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