Les PME surfent en dilettantes
Suréquipées, les PME suisses utilisent de façon rudimentaire l'Internet. Ce qui risque de porter un coup à leur compétitivité.
Selon une étude réalisée pour le compte du Secrétariat d’Etat à l’économie (seco), près de 75% des petites et moyennes entreprises suisses sont connectées à l’Internet.
Dans le domaine, la Suisse se place même dans le peloton de tête des pays européenne. Elle occupe même les premières places du classement international en matière d’infrastructure.
En effet, plus de 60% des PME helvétiques disposent des équipements les plus performants.
Dépassées par l’évolution du business international,
Toutefois, la Suisse est largement dépassée lorsqu’il s’agit d’utiliser les technologies de l’information à des fins professionnelles.
«Les PME ont investi des sommes importantes dans les équipements», souligne Pascal Sieber responsable de l’étude PME et Internet.
Mais la plupart d’entre elles «se contentent d’utiliser la messagerie électronique et de présenter des pages d’accueil sur la Toile».
Le diagnostic est simple. Les PME helvétiques semblent n’avoir pas saisi les multiples fonctionnalités du Net.
«Elles ne rentabilisent pas leurs investissements de base. Pire, elles risquent d’être rapidement dépassées par l’évolution du business international», affirme Pascal Sieber.
Un gage de compétitivité
Un exemple. Aujourd’hui, seul 3% des PME suisses parviennent à dégager un chiffre d’affaires significatif grâce au web. Alors qu’en 2000, les entreprises finlandaises réalisaient déjà 30% de leurs ventes.
«Il est indéniable que l’Internet influence la marche des affaires de manière toujours plus significative», constate Christian Weber, chef de la Task Force PME au seco.
Selon Christian Weber «pour rester compétitives, les PME doivent impérativement intégrer les nouvelles technologies. Mais, pour l’heure, elles n’ont pas encore saisie les enjeux et encore moins la véritable utilité du réseau».
Pas loin de l’amateurisme
Les PME restent à la traîne même dans des domaines aussi simples que l’envoi d’informations à leur clientèle. Seul 7% des entreprises utilisent le principe des «newsletters».
Les résultats ne sont pas meilleurs pour ce qui est de la facturation, des commandes ou de la gestion des stocks.
«L’intégration au réseau implique une restructuration interne de l’entreprise», souligne encore Christian Weber. Le hic, c’est que les PME rechignent.
Or, une bonne utilisation de l’Internet «leur permettrait de simplifier leur gestion et améliorerait leur productivité».
Visiblement, ce message a de la peine à passer. En effet, plus de la moitié des PME connectées investissent moins de 5000 francs par an dans le Web. Un budget qui, selon le seco, les relègue tout juste au-dessus du seuil de l’amateurisme.
Démonter concrètement les avantages
Comment amener les PME à faire un saut qualitatif? «Il faut convaincre les chefs d’entreprise des avantages réels de l’Internet», martèle Christian Weber. Cela passe notamment par une meilleure information.
L’intégration sur le web des services administratifs cantonaux et fédéraux pourrait, elle aussi, susciter l’intérêt des patrons.
En effet, à en croire les résultats de l’enquête du seco, les PME souhaiteraient vivement pouvoir disposer de l’Internet pour la gestion de leur tâches administratives. Comme le traitement des assurances sociales ou le décompte de la TVA.
swissinfo/Vanda Janka
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