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Les routiers italiens verrouillent les Alpes

Des militants de Greenpeace sont venus apporter leur soutien aux routiers italiens, tout en préconisant le transfert du trafic de marchandises de la route au rail. Keystone Archive

A la douane commerciale italo-suisse de Chiasso-Brogeda, le blocus des routiers italiens a été hermétique toute la journée de mercredi. Reportage.

Cinq heures du matin, l’air est glacial. Une bonne trentaine de camionneurs italiens bivouaquent au principal point de passage entre l’Italie et la Suisse.

A l’appel de leurs syndicats et des associations de transporteurs, ils bloquent, avec leurs poids lourds, le passage des deux côtés de la frontière.

Dans une ambiance bon enfant, ils distribuent des tracts à leurs collègues, aux journalistes et aux curieux. Sur leurs banderoles, on peut lire: «bloquons les Alpes pour nous faire ouvrir les portes de l’Europe.»

Rassemblés sur le parking de la douane – ce no man’s land où des camionneurs de toute l’Europe attendent chaque jour de franchir la frontière -, d’autres routiers mangent du panettone et boivent du vin chaud pour résister au froid.

Les erreurs des technocrates suisses

«La Suisse doit améliorer sa politique des transports et assurer la libre circulation des marchandises à travers les Alpes, lancent les camionneurs italiens. Nous exigeons qu’elle revoie les mesures de restriction qui nous sont imposées sur l’axe du Gothard.»

Appuyé contre son poids lourd, un chauffeur milanais se lamente: «dans les conditions actuelles, le parcours entre Milan et Lucerne me prend dix heures.» Près de lui, d’autres routiers demandent la levée de l’interdiction de rouler la nuit et l’aménagement d’aires de stationnement équipées.

«Nos camionneurs payent les erreurs des technocrates suisses, accuse Giorgio Colato, secrétaire de la Fédération italienne des transporteurs (FAI). Le tunnel est ouvert dans les deux sens aux autocars. Pourtant, ils sont aussi dangereux que les poids lourds. C’est un non sens».

Pendant ce temps, quelques centaines de kilomètres plus au nord, les fonctionnaires du Département des transports (DETEC) font la sourde oreille. La Confédération n’a pas du tout l’intention de lever les restrictions imposées au trafic lourd.

Le rail plutôt que la route

En fin de matinée, les manifestants sont rejoints par une quinzaine de militants de Greenpeace, qui expriment leur solidarité avec les routiers de la Péninsule. Mais, comme les écologistes italiens et tessinois, ils préconisent le transfert du trafic de marchandises de la route au rail.

Les militants de «Legaambiente Lombardia» saisissent l’occasion pour manifester leur soutien à la politique des transports menée par la Suisse. Et pour revendiquer l’introduction, en Italie aussi, d’une taxe sur le trafic lourd.

Gemma d’Urso, Chiasso-Brogeda

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