Les Suisses prêts à rogner le secret bancaire
Un sondage révèle qu'une majorité des Suisses serait pour l'assouplissement ou la suppression du secret bancaire. Le patron de l'UBS réagit.
De manière générale, quelque 65 % des 601 personnes interrogées sont pour abandonner cette protection dans les cas relevant de l’évasion fiscale de la part d’une personne habitant à l’étranger. Tels sont les résultats de l’enquête Isopublic publiée par le SonntagsBlick et Dimanche.ch.
Les Romands penchent plus fortement que les Alémaniques en faveur de l’abrogation du secret bancaire, soit 15 % contre 11 %.
En revanche, seuls 28 % estiment qu’il faut maintenir celui-ci sous sa forme actuelle. Ainsi donc, les deux-tiers des sondés partagent l’avis de l’Union européenne. Un avis dont pourrait dépendre le succès du deuxième round des négociations bilatérales avec Bruxelles.
Une confortable majorité de 55 % des sondés souhaitent que l’évasion fiscale soit punie pénalement, alors que 37 % tiennent à conserver son statut actuel d’infraction administrative. Pour mémoire, le secret bancaire est déjà supprimé pour les cas de fraude fiscale.
Abandonner les bilatérales…
De son côté, Marcel Ospel, patron de l’UBS, a fait des déclarations remarquées, toujours dans le SonntagsBlick. «Si l’Union européenne n’est pas d’accord d’entrer en matière sur nos propositions (encaisser et rétrocéder des impôts sur les intérêts des dépôts en Suisse), j’espère que le Conseil fédéral aura le courage de dire: nous abandonnons les négociations bilatérales».
Le système bancaire helvétique suscite la convoitise des places bancaires européennes. Ce qui explique les pressions que celles-ci exercent sur Berne.
Il s’agit également, pour le patron de l’UBS, d’expliquer à la population suisse le fonctionnement du secret bancaire pour la convaincre de son bien-fondé.
swissinfo avec les agences
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