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Loup, y es-tu?

Depuis le début de l’année, le loup ne s’est pas encore manifesté en Valais. Mais il attend probablement son heure. Keystone

«Pour moi, ce n’est pas un ennemi. Pas même un adversaire. C’est un animal qui dégage une noblesse presque sans égale.» Quand il parle du loup, Narcisse Seppey a du mal à cacher sa passion.

Pourtant, quoi qu’il fasse et quoi qu’il dise, le responsable de la faune à l’Etat du Valais mécontentera toujours un des deux camps. Soit celui des éleveurs et des chasseurs, soit celui des écologistes.
Depuis la découverte des premiers moutons égorgés sur les pâturages valaisans, le loup divise profondément le Vieux Pays. Et les échos de cette lutte n’ont pas mis longtemps à monter jusqu’à la capitale.

«Berne a fait du loup un monument national, au même titre que le lynx, le castor, la loutre, l’aigle royal et l’ours», constate Narcisse Seppey. En clair, cela signifie que seul l’Office fédéral de l’environnement a le droit d’ordonner l’abattage de l’animal, lorsque celui-ci devient trop gourmand.

Une règle que Narcisse Seppey ne conteste pas formellement. Pour lui, il est normal que la Confédération prenne ses responsabilités. Ce qu’il refuse par contre, ce que l’on définisse des règles sans tenir compte des expériences accumulées là où l’on est en contact direct avec le problème. Soit dans les cantons.

A ce jour, le Valais a été le seul à nommer un groupe de travail interdisciplinaire sur le loup. Rendu au début juillet, son rapport conclut très nettement que la cohabitation sans frais entre le prédateur et les moutons d’alpage est impossible.
«En France, une commission parlementaire est arrivée à la même conclusion et les Italiens préconisent désormais de s’inspirer de ce que nous faisons», note Narcisse Seppey.

En hiver, le loup se contente de proies sauvages. Une fois dépecées par ses crocs, elles servent de pâture aux autres prédateurs et toute trace du passage du canidé disparaît rapidement. En été par contre, le mouton offre un repas bien trop tentant pour que le loup s’en prive.

La solution serait de mieux garder les troupeaux, mais aucun berger ne veut plus passer quatre mois à l’alpage. Quant aux chiens prônés par les écologistes, pas question non plus de les laisser sans surveillance. Dressés à garder les moutons, ils les protégeront d’abord… contre les promeneurs.

Quoi qu’il en soit, le loup ne semble pas encore avoir frappé cette année. «Mais il est là, et il se manifestera à nouveau», prédit Narcisse Seppey.

swissinfo, Marc-André Miserez au col du Simplon

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