Nestlé prêt à avaler le roi américain du chocolat
Selon le journal USA Today, Nestlé proposerait 11,5 milliards de dollars pour acquérir le chocolatier de Pennsylvanie, Hershey.
Une vente qui suscite la controverse aux Etats-Unis. Mais le géant suisse de l’alimentaire se refuse à tout commentaire.
S’appuyant sur «des personnes qui sont au courant de la situation», USA Today affirme dans son édition de lundi que l’offre de Nestlé est estimée à 82 ou 85 dollars l’action, tandis que le titre Hershey a clôturé vendredi à 75 dollars.
Le quotidien ajoute que cette offre intervient après que des hauts responsables du groupe suisse eurent visité les usines et examiné les comptes du chocolatier américain la semaine dernière.
Interrogé par USA Today, le porte-parole du numéro un mondial de l’alimentation se refuse à confirmer ou infirmer l’offre d’achat.
«Nestlé ne fait pas de commentaires sur les histoires qui circulent sur les marchés financiers», déclare François-Xavier Perroud.
Des discussions sont actuellement en cours
Pourtant, il y a quelques jours, le directeur financier du groupe suisse reconnaissait que des tractations étaient en cours.
«Nous savons tous qu’il y a des discussions en général», déclarait Wolfgang Reichenberger à l’agence Reuters.
«Mais, ajoutait-il, en ce qui concerne leur intensité, je ne peux pas faire de commentaire.» Une chose est sûre: pour le géant suisse de l’alimentaire, l’acquisition de Hershey aurait un énorme avantage.
En effet, si Nestlé détient les droits de distribution des barres Kit&Kat à l’international, c’est le chocolatier de Pennsylvanie qui en a l’exclusivité sur le marché américain.
Or, aux Etats-Unis, Kit&Kat représente un chiffre d’affaires de 300 millions de dollars par an.
Si l’acquisition de Hershey par Nestlé se confirmait, il s’agirait de la plus grosse opération du groupe suisse aux Etats-Unis depuis son rachat de Ralston Purina.
L’an dernier, Nestlé avait payé quelque 10 milliards de dollars pour prendre le contrôle du spécialiste américain de l’alimentation pour animaux domestiques.
Une levée de boucliers contre la vente de Hershey
La vente de Hershey provoque en tout cas une polémique en Pennsylvanie, où le chocolatier et confiseur est établi depuis 108 ans dans une ville qui porte son nom.
Hershey emploie 6000 personnes en Pennsylvanie et 8000 dans d’autres régions des Etats-Unis.
En Pennsylvanie, le personnel ainsi que les responsables économiques et politiques redoutent que la transaction ne se traduise par des licenciements, des fermetures d’usines et la perte de l’identité de la compagnie.
«Il est temps de mettre un terme à la vente d’Hershey», lance ainsi Mike Fisher, ministre de la Justice de l’Etat de Pennsylvanie, un Républicain qui brigue le poste de gouverneur aux élections prévues en novembre.
La controverse paraît entamer l’unité du conseil d’administration de Hershey. Selon le Wall Street Journal, plusieurs membres du conseil auraient décidé de ne plus soutenir la vente de l’entreprise.
swissinfo/Marie-Christine Bonzom à Washington
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