Novartis et Roche à l’abri de mesures fiscales au Japon
Le Japon va réduire de 6,3% en moyenne les prix de ses médicaments. Au lien de s'en inquiéter, Novartis et Roche se veulent rassurants.
Le 1er avril, début de la prochaine année fiscale, le gouvernement japonais va diminuer de façon importante les prix des médicaments.
Une aussi mauvaise nouvelle aurait de quoi inquiété les deux plus grands pharmaceutiques suisses présents au Japon. Et pourtant, tel n’est pas le cas. Novartis et Roche affichent une grande sérénité.
Une nouvelle croissance des ventes
«Les filiales japonaises de Novartis et Roche appartiennent à des groupes de taille mondiale. Elles n’ont pas de dettes, un cash-flow positif .Comme pour leurs principaux rivaux japonais, leur marge bénéficiaire avant amortissement est proche de 20%», estime l’agence de notation financière Stand & Poor àTokyo.
Chez Novartis, on note que ce sont les médicaments dont les patentes arrivent à échéance qui subissent de plein fouet cette baisse des prix. Ceux du groupe suisse n’appartiennent pas à cette catégorie.
Très performants, ces médicaments ont été introduits récemment dans le deuxième marché au monde des produits pharmaceutiques.
«La baisse des prix pour Novartis est inférieure à la moyenne de 6,3%. Par ailleurs, nos laboratoires japonais sont riches de produits parvenus dans leur phase finale de développement. Ils devraient assurer une nouvelle croissance de nos ventes», dit Miyuki Wada, une porte-parole de Novartis Pharma à Tokyo.
Durant la dernière année, la filiale japonaise du pharmaceutique suisse a réalisé des ventes de 157,5 milliards de yens (plus de 2 milliards de francs). D’ici à 2005, Masahiro Michisuji, le président de Novartis Pharma entend doubler ce chiffre d’affaires.
Des partenariats avec des firmes plus grandes
Roche se dit immunisé contre cette baisse des prix. Mieux que ça, il est décidé à augmenter de 750 millions de francs à 840 millions francs son chiffre d’affaires durant l’année fiscale 2002/03. Cela par la grâce de la fusion entre sa filiale japonaise et Chugai, l’un des leaders japonais dans le domaine des biotechnologies.
«La baisse des prix pour nos produits ne sera que de 4,7%, un niveau inférieur à la moyenne des autres sociétés présentes sur le marché japonais», déclare Satoko Eguchi, une porte-parole de Nippon Roche à Tokyo.
«Ce sont les sociétés pharmaceutiques japonaises de plus petite taille qui souffrent le plus de cette diminution des prix des médicaments longtemps considérés comme les plus chers du monde», note Yasuhiro Nakazawa.
Pour cet analyste de la banque Tokyo-Mitsubishi, «ces sociétés devront rechercher des partenariats avec des firmes plus grandes pour garantir leur survie. Et Novartis pourrait être intéressé, après Roche, par le rachat de l’une d’entre elles».
swissinfo/Georges Baumgartner, Tokyo
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