Pascal Couchepin fustige le protectionnisme
Les pays riches doivent ouvrir leurs marchés pour aider les pays en développement.
Tel a été le credo du ministre suisse de l’Economie lors de la réunion annuelle du Fonds Monétaire International et de la Banque Mondiale.
Le conseiller fédéral Pascal Couchepin et les autres ministres de l’Economie réunis à Washington ont demandé au FMI d’élaborer un mécanisme de restructuration de la dette avant le printemps.
Ils entendent ainsi éviter qu’une crise économique n’entraîne l’effondrement d’un pays. Comme cela a été le cas pour l’Argentine.
S’inspirant des lois sur la faillite des entreprises, le nouveau mécanisme devrait autoriser un pays en situation de banqueroute à échapper aux pressions des créanciers, le temps pour lui de restructurer sa dette.
Un tel plan n’aurait pas pour effet de prévenir les crises, mais d’en réduire la gravité et d’empêcher la contagion.
Plus d’ouverture
Pour sa part, Pascal Couchepin a attiré l’attention des pays riches sur «l’incohérence de leurs politiques de développement et de leurs politiques commerciales».
Les pays pauvres et les manifestants rassemblés à Washington affirment que l’aide au développement ne suffit pas et déplorent le protectionnisme des pays industrialisés.
Pascal. Couchepin a abondé dans ce sens. «Les pays riches ne peuvent pas conduire une politique d’une main qui est contraire à la politique menée par l’autre main», a-t-il notamment déclaré.
Reste que, le FMI a récemment épinglé la Suisse en lui demandant d’injecter plus de concurrence dans les secteurs protégés du marché intérieur, notamment en éliminant les subventions agricoles.
Examen de conscience
Interrogé sur ce point par Swissinfo, le conseiller fédéral a reconnu que «la Suisse doit elle-aussi faire son examen de conscience au niveau de la cohérence de ses politiques».
Le ministre suisse de l’Economie s’est refusé à prendre un engagement relatif aux subventions. Il a toutefois indiqué qu’un «débat international sur cette question ne pouvait que favoriser les réformes en Suisse, y compris sur les subventions agricoles».
Les détracteurs du FMI et de la Banque Mondiale ont tenté de perturber les réunions annuelles par des actions essentiellement non violentes. Mais grâce à un déploiement impressionnant, la police a pris le dessus sur les manifestants, procédant à plus de 640 arrestations.
Et les organisations non gouvernementales n’ont pas manqué de dénoncer la disproportion des moyens employés par les forces de l’ordre.
Sécurité oblige
En réponse à cette question, Pascal Couchepin s’est contenté de souligner la nécessité de «garantir la sécurité des délégations officielles».
«Si l’on veut que les activités du FMI et de la Banque soient examinées de près», a précisé le ministre de l’Economie, il faut que les délégués puissent siéger et que les journalistes puissent suivre les débats».
Et d’ajouter, «les ONG sont de plus en plus impliquées dans un dialogue avec les deux institutions, mais il reste un groupe de manifestants qui sont fondamentalement opposés au FMI et à la Banque».
Swissinfo/Marie-Christine Bonzom à Washington
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