Swisscom muscle ses actions
L'opérateur va racheter aux actionnaires 10% de ses titres. Ce qui les dopera. Disposant de trop de liquidités, il veut toujours acquérir une entreprise compétitive.
L’opération de rachat annoncée mercredi par Swisscom est plafonnée à 4,3 milliards de francs. Cette somme doit permettre à l’opérateur de rentrer en possession d’environ 10% des titres qu’il a émis.
Feu vert du gouvernement
Concrètement, les actionnaires recevront une option de vente gratuite par action. Et chaque paquet de dix de ces options donnera à son détenteur le droit de vendre à Swisscom une action au prix de 580 francs.
Ces options seront en outre négociables à la bourse suisse du 22 février au 7 mars. Les actionnaires pourront ainsi acquérir des options supplémentaires ou vendre celles qui possèdent déjà.
Quant au rachat proprement dit, il interviendra le 14 mars. Enfin, le 30 avril, il sera proposé à l’assemblée générale de Swisscom de radier les actions ainsi rachetées, afin de réduire le capital-action de l’entreprise de 10% au maximum.
Cette soumission à l’assemblée générale n’est qu’une formalité. En effet, le Conseil fédéral a donné mercredi son feu vert à l’opération. Or, le Conseil fédéral parle au nom de l’actionnaire principal de Swisscom, c’est-à-dire la Confédération, qui possède actuellement 65,5% du capital-action.
Baisse de la dette publique
Ce rachat d’action est une aubaine pour les actionnaires. Mardi, le titre de Swisscom valait 496,50 francs, soit bien moins que le prix de 580 francs proposé par Swisscom. De plus, en devenant moins nombreuses sur le marché, les actions restantes vaudront davantage.
Le Conseil fédéral a annoncé mercredi que la Confédération soutiendra l’opération de rachat «en exerçant au moins la totalité des options qui lui reviennent». Cette vente devrait lui rapporter environ 2,8 milliards de francs.
Le Département fédéral des finances a d’ores et déjà averti que le produit de cette vente servira à diminuer la dette de la Confédération. Les quatre partis gouvernementaux se déclarent d’accord avec cette décision.
Malgré cette vente, la Confédération restera l’actionnaire majoritaire de Swisscom. Elle conservera plus de 60% du capital.
Pas de candidat valable
Swisscom dispose de liquidités de l’ordre de 10 milliards de francs. L’entreprise entendait utiliser une partie de cette somme pour se développer au niveau européen en reprenant des sociétés.
Il était notamment question de trouver un opérateur mobile pouvant revendre des prestations ainsi qu’un transporteur de données au niveau européen, rappelle Christian Neuhaus, porte-parole de Swisscom. Mais aucun candidat valable n’a été trouvé.
En l’absence de perles rares, Swisscom n’a pas voulu acheter pour acheter. «Nous sommes tenus à assurer une certaine croissance, mais nous voulons une croissance sûre et non pas hasardeuse», souligne Christian Neuhaus.
Ce manque d’opportunités n’étonne pas outre mesure Didier Divorne, responsable du site allo.ch. «Le secteur connaît actuellement une sorte de tassement, explique-t-il. Quant à la Suisse, elle dispose déjà d’une très bonne couverture pour toutes les sortes de clients.»
La recherche continue
Swisscom ne désespère pas de pouvoir s’étendre et cherche toujours des entreprises à rependre. La vente de 10% de ses actions ne changera rien à la situation. «Il nous reste suffisamment de moyens pour une grosse acquisition», relève Christian Neuhaus.
Une diminution de ses liquidités n’est donc pas préjudiciable. Au contraire. En vendant une partie de ses actions, Swisscom montre que sa santé est excellente.
De plus, les liquidités non utilisées ne rapportent pas beaucoup et péjorent le résultat final de l’entreprise. En diminuant ses réserves de moitié, le géant orange devrait encore améliorer ses résultats.
La bourse suisse ne n’y est d’ailleurs pas trompée. Mercredi, dès l’annonce du rachat de 10% des titres, l’action de Swisscom s’est immédiatement appréciée de 3,7%.
Olivier Pauchard
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