Syndicats et patrons enterrent la hache de guerre
Dans le secteur de la construction, les partenaires sociaux se sont mis d'accord mardi sur la retraite à 60 ans.
Le conflit qui les opposait avait poussé des milliers d’ouvriers du bâtiment à faire grève le 4 novembre.
Le Syndicat Industrie et Bâtiment (SIB), le syndicat Syna et la Société suisse des entrepreneurs (SSE) avaient trouvé un accord à la fin mars sur ce dossier, transcrit dans la Convention collective de travail (CCT).
Les syndicats ont imposé leurs exigences contenues dans ce texte, a affirmé le syndicat Syna dans un communiqué.
Concrètement, la plupart des points négociés ce printemps, entérinés en assemblées autant par la SSE que par les syndicats, ont été reconduits.
L’entrée en vigueur de la retraite anticipée, prévue par palier à partir de janvier 2003, est néanmoins «reportée de quelques mois», selon le communiqué.
Les patrons cotisent plus
Comme prévu, la retraite à 60 ans sera financée par une cotisation salariale de 4 % pour les employeurs et de 1 % pour les travailleurs. Cette cotisation restera inchangée jusqu’en 2011, affirme Syna.
La rente transitoire se montera à 70 % du salaire moyen de la dernière année d’occupation, majorée d’un montant forfaitaire annuel de 6000 francs. Les cotisations à l’AVS et à la Caisse de pension pendant la retraite anticipée sont payées par le Fonds de retraite.
Dans un communiqué séparé, la SSE souligne que les parties réexamineront la question de la rente transitoire à l’été 2005. Ils regarderont notamment si le niveau accordé peut être maintenu avec des cotisations inchangées. Si ce n’est pas le cas, «les prestations seront adaptées vers le bas dès 2006», selon la CCT, écrit la SSE.
Un pas historique
Pour obtenir ce que Syna qualifie de «conquête sociale historique pour les bâtisseurs», les ouvriers ont renoncé à une hausse des salaires réels en 2003. Selon le communiqué de Syna, l’extension de la convention collective à tous les employés concernés, soit quelque 85 000, est prévue au 1er juillet 2003.
Alors que tout semblait sur les rails au printemps, les fronts se sont durcis cet automne. Estimant que la CCT ne constituait qu’un accord-cadre, les patrons ont en effet renoncé à verser leur part des cotisations à partir du 1er juillet dernier, comme cela était prévu.
De sommations en menaces, les syndicats ont organisé une grande grève de protestation le 4 novembre dernier, estimant qu’en ne respectant pas la CCT signée, les employeurs violaient la paix du travail.
La SSE campe sur son analyse
Dans son communiqué, la SSE estime en revanche que ce sont les syndicats qui ont violé «sans ambiguïté aucune la paix absolue du travail». Elle estime donc que les grèves étaient «illégales».
Suite à cette démonstration de force – la grève réunissant 15 000 ouvriers, de sources syndicales, a été observée comme étant la plus importante en 55 ans – les partenaires sociaux n’ont plus eu besoin que de deux rounds de négociations pour se mettre d’accord.
swissinfo avec les agences
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