Transit alpin: le SOS de Silvio Berlusconi
Pour résoudre les problèmes du trafic alpin, le chef du gouvernement italien demande l'aide de Bruxelles.
Silvio Berlusconi a adressé mercredi une lettre au président de la Commission européenne, Romano Prodi, pour lui demander «l’ouverture immédiate d’une séance de négociations» sur le trafic alpin.
Le chef du gouvernement italien a lancé ce SOS surtout pour des raisons de politique interne. En effet, plus de 80% du transport des marchandises de la péninsule est effectué par la route. L’Italie est donc très fortement touchée par la fermeture du tunnel du Mont-Blanc et par la réduction du trafic au tunnel du Gothard.
Régulation du trafic au Gothard
La Suisse a, en effet, décidé de prendre de nouvelles mesures de régulation du trafic lourd au Gothard qui doivent entrer en vigueur lundi. En clair, en cas d’afflux, les camions devront emprunter d’autres routes que celles du Gothard et du San Bernardino.
Et c’est sous la menace de nouvelles actions des transporteurs routiers que Silvio Berlusconi a lancé son appel au secours. Qui ressemble à un coup d’épée dans l’eau.
«Le commissaire chargé des Transports partage les préoccupations des pays concernés par l’augmentation du trafic alpin», déclare Gilles Gantelet.
Et le porte-parole de rappeler que la Commission européenne défend le principe de la libre circulation. Mais que la politique des transports relève du Conseil des ministres.
«Nous sommes d’accord avec le contenu de la lettre de Silvio Berlusconi, dit, de son côté, Claudine Godat, porte-parole du DETEC (Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et des communications). Et il est indispensable de coordonner la politique des transports dans l’arc alpin.»
Rencontre à Zurich
Mais cette coordination existe déjà. Après l’accident du Gothard, et à l’initiative de Moritz Leuenberger, les ministres des Transports des pays alpins se sont réunis le 30 novembre à Zurich.
A cette occasion, ils ont notamment décidé d’encourager le transfert de la route vers le rail. Et ils se sont donnés rendez-vous à la mi-2002.
A noter que le ministre italien des Transports a participé à la rencontre zurichoise. Son chef, Silvio Berlusconi, doit le savoir.
Barbara Speziali, Bruxelles
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