Un Américain aux commandes de Zurich
C'est James Schiro, 56 ans, qui succède à Rolf Hüppi à la tête de la direction de Zurich Financial Services, le géant mondial de l'assurance.
L’assemblée générale des actionnaires, jeudi, marquera la fin d’un chapitre dans l’histoire de Zurich Financial Services (ZFS). Dès le lendemain, l’assureur suisse – plus de 35 millions de clients, 70 000 employés dans 60 pays – aura un nouveau patron. Exit Rolf Hüppi qui est resté plus de 10 ans à la tête du groupe.
Son successeur vient d’arriver dans l’entreprise. James Schiro est, depuis le mois de mars, responsable des finances. Cet Américain de 56 ans, qui participe activement aux travaux du Forum économique mondial, a fait toute sa carrière chez PricewaterhouseCoopers, la société internationale d’audit et de conseil aux entreprises.
Un signe d’ouverture
Du côté des analystes financiers, on salue l’arrivée d’un non-Suisse à ce poste. «C’est un choix international, pour un groupe qui est lui-même très international», note Stefan Schürmann, de la banque Pictet et Cie. «Cela contribuera à rassurer les investisseurs», surenchérit Michel Wiederkehr, de la Banque cantonale vaudoise.
«Installer un manager étranger, c’est un signe d’ouverture de la part de la Zurich, poursuit-il. Mais c’est aussi les compétences de manager de James Schiro qui bénéficieront à la Zurich». Son arrivée récente devrait en outre lui permettre de porter un regard neuf sur l’entreprise.
Le handicap de James Schiro : il ne vient pas du secteur de l’assurance. De plus, PricewaterhouseCoopers, qu’il dirigeait encore récemment, est la société chargée de vérifier les comptes de Zurich. Problématique? «Je ne le crois pas, estime Michel Wiederkehr. Il y a une séparation claire des mandats.»
En tout cas, la mission du nouveau patron est assez évidente : «Sa tâche la plus importante sera de retrouver la confiance auprès des investisseurs», juge Stefan Schürmann. Les multiples «profit warning» lancés tout au long de l’année passée ont en effet laissé des traces.
L’exercice s’est finalement terminé sur une perte de plus de 600 millions de francs suisses. Et l’action de ZFS a perdu, sur 2001, 60% de sa valeur. En outre, Rolf Hüppi a été très critiqué pour s’être accroché au cumul des fonctions de directeur-général et de président du conseil d’administration.
Une succession encore aléatoire
Sa succession, dans cette dernière instance, n’est d’ailleurs pas encore tout à fait claire. Dans l’immédiat, c’est Lodewijk van Wachem qui doit, à l’issue de l’assemblé générale de jeudi, lui succéder. Mais le Hollandais, âgé de 71, ne pourrait être qu’un président de transition.
D’autant que Zurich a également annoncé ce mardi l’entrée dans son conseil d’administration du Suisse Markus Granziol, qui quitte cet été la présidence d’UBS Warburg. «On peut penser que c’est lui qui reprendra les rênes», avance Michel Wiederkehr.
«Son passé, dans la finance plutôt que dans l’assurance, indique aussi dans quelle direction pourrait aller la stratégie de la Zurich, à long terme», ajoute Stefan Schürmann. De plus, cette solution permettrait de réaffirmer le caractère helvétique du groupe.
Quoiqu’il en soit, le marché a plutôt bien réagi à l’annonce de la nomination de James Schiro. A la Bourse suisse, le titre Zurich Financial Services a gagné mardi 5 francs, à 400 francs suisses (plus 1,3%).
swissinfo/Pierre Gobet à Zurich
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