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Un avenir incertain pour Swisscom

Le développement de la téléphonie mobile fait partie de la stratégie Swisscom. Keystone Archive

Malgré un bénéfice net en forte hausse et des milliards dans les caisses, le futur de l'opérateur s'annonce incertain dans un marché suisse saturé.

La situation est paradoxale. Par rapport à ses concurrents, Swisscom jouit d’une santé éclatante. En 2001, l’opérateur a dégagé un bénéfice net de 4,96 milliards de francs, en hausse de 57%. Ses finances sont excellentes. Contrairement à la plupart des sociétés de télécommunications qui croulent sous les dettes, le géant bleu affiche près de trois milliards de francs de liquidités nettes.

Un marché trop petit

Pourtant, le futur de Swisscom est incertain, car ses perspectives sont mitigées. Bien que très rentable, le marché suisse des télécommunications est trop petit et proche de la saturation. Les revenus issus de la téléphonie fixe reculent à cause de la forte concurrence qui règne dans le pays au niveau des prix.

Jusqu’ici, cette baisse était largement compensée par la croissance vertigineuse observée dans le secteur des téléphones mobiles. En 2001, le chiffre d’affaires de ce segment a augmenté de 14,5% chez Swisscom. Mais la source est en train de se tarir. Avec un taux de pénétration de 74%, le niveau de saturation guette aussi ce marché.

Pire, le chiffre d’affaires moyen des 3,37 millions de clients mobiles du géant bleu est en recul depuis plusieurs années. Il est tombé de 89 à 83 francs en 2001.

Résultat, l’an dernier le chiffre d’affaires global de Swisscom n’a progressé que de 0,8% à 14,17 milliards. Et la situation devrait empirer cette année. «En 2002, prévoit Swisscom, le bénéfice net s’inscrira en recul».

Stratégie de niches

«Nos possibilités de croissance en Suisse sont quasi nulles», admet le patron de Swisscom Jens Alder. Le problème c’est que la petite taille de l’opérateur l’empêche de jouer un rôle phare à l’international.

En Europe, Swisscom est un nain. C’est le numéro sept du marché, mais loin derrière les géants que sont Deutsche Telekom, British Telecom, Telecom Italia, l’espagnol Telefonica, l’anglais Vodafone et France Télécom.

Face à cette impasse, quelles options reste-il à Swisscom? Il serait suicidaire d’acquérir des petits opérateurs pour grossir et essayer de rivaliser avec les sept leader. Swissair, qui a suivi cette voie au niveau du secteur aérien, l’a appris à ses dépens.

A l’inverse, une collaboration étroite avec une grande société risquerait de déboucher sur une absorption pure et simple du petit Swisscom. Le géant bleu y perdrait son indépendance.

«Notre seule option consiste à miser sur une stratégie de niche, avec des segments de marché attrayants, mais qui n’intéressent pas nos grands rivau», estime Jens Alder.

Swisscom compte ainsi développer, au niveau européen, le secteur des services de données destinés aux entreprises. Il veut aussi développer le marché de la téléphonie mobile pour des opérateurs qui ne possèdent pas leur propre réseau. L’avenir dira si cette stratégie est payante.

swissinfo/Luigino Canal

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