Un syndicat nippon s’attaque à Zurich Financial
Zurich Financial Services se retirera-t-elle du Japon? La presse japonaise le pense. Basé à Tokyo, Manuel Eichman, son patron suisse, reste évasif.
Mais ses employés ont créé, mardi, un syndicat pour le forcer à sortir de son mutisme.
Les 475 employés réguliers de Zurich Financial Services (ZFS) au Japon ne supportent plus l’attitude ambiguë de leur patron suisse.
Manuel Eichman est incapable de leur dire si le numéro quatre mondial de l’assurance restera ou non au Japon. Ils répondent à cette incertitude par la création d’un syndicat.
Un groupe américain dans le jeu
La presse japonaise annonce, déjà, le prochain départ de la société suisse. A l’en croire, ZFS cèdera ses activités vie et non vie pour sa clientèle individuelle à American International Group (AIG).
Le montant de la transaction est estimé à un peu plus de 210 millions de francs.
Sur l’initiative de leurs cadres japonais, 65% des employés réguliers de ZFS ont déjà rejoint le syndicat.
«Manuel Eichman nous dit que c’est une simple rumeur du marché. Mais il ne la dément pas. Les chances de voir Zurich Financial Services quitter le Japon à la va vite nous paraissent donc très élevées», déclare à swissinfo Norihiro Yoshida, le responsable du syndicat.
Elles lui semblent d’autant plus grandes que James Schiro, le nouveau président de Zurich Financial Services, a déclaré que le groupe suisse était décidé à recentrer ses opérations sur le marché européen.
«James Schiro ne peut pas oublier que sa société gagne de l’argent au Japon. Cela me surprendrait s’il quittait le deuxième marché au monde de l’assurance», observe le directeur d’un grand assureur européen à Tokyo.
L’image de la Suisse ternie
Mais, alors, pourquoi ce refus de rassurer ses employés japonais?
«Toutes nos activites sont profitables. Nous sommes le leader dans la vente directe d’assurances pour automobiles. Si ZFS quitte le Japon, elle ne reviendra jamais. Car le gouvernement japonais s’opposera à son retour», souligne Norihiro Yoshida.
Les autres responsables de son syndicat notent que ZFS a une responsabilité sociale envers ses clients et ses employés. Et que l’image de la Suisse serait ternie.
Car dans sa publicité à la télévision, l’assureur associe son nom et celui de la Suisse dans un slogan très populaire.
swissinfo, Georges Baumgartner, Tokyo
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