Une bourse pour franchir les Alpes
Pour assurer le transfert de la route au rail, l'Initiative des Alpes veut vendre les droits de passage au plus offrant. Les modalités restent à définir.
Déçu par le rythme du transfert des marchandises de la route au rail, l’Initiative des Alpes propose la création d’une bourse des droits de transit routier alpin. Les routiers devront y acquérir sur un contingent plafonné les trajets qui leur seront nécessaires.
Les concepteurs du projet partent du principe que les passages à travers les Alpes sont une marchandise comme les autres. Ils doivent donc se négocier suivant la loi de l’offre et de la demande.
Equilibre des prix
L’objectif affiché de ce projet présenté vendredi à Berne est de générer un coût qui mettra le prix du transport routier au même niveau que celui du rail, a expliqué Fabio Pedrina, conseiller national (PS/TI) et président de l’Initiative des Alpes.
Les autorisations de trajet seront réparties sur les différents passages alpins en fonction de la sécurité, de l’état général des axes et de la santé de la population riveraine. Ils seront mis aux enchères à l’avance par le biais de l’Internet.
Le système doit limiter le nombre de courses à vide et permettre de doser le trafic afin d’éviter les bouchons. Le produit des enchères doit être affecté à l’amélioration de l’offre ferroviaire et à la réalisation de mesures de lutte contre le bruit le long des axes de transit.
Les auteurs n’ont cependant pas voulu pronostiquer le prix que les droits de transit pourraient atteindre sur cette bourse. «Ce sont les forces du marché qui nous diront quel sera le prix d’un tel trajet», a lancé Alf Arnold Rosenkranz, le directeur de l’Initiative des Alpes.
Problèmes en vue avec l’UE
La compatibilité du système avec l’accord européen sur les transports terrestres reste posée. Celui-ci limite en effet sévèrement les taxes et redevances qui peuvent être perçues sur les axes routiers. «Cela peut en effet nous forcer à entamer de nouvelles négociations», a admis Fabio Pedrina.
Autre problème: contrôler quels sont les camions qui ont acquis leur droit de passage et ceux qui ne l’ont pas fait. Fabio Pedrina passe sur cette question comme chat sur braise. «Dans la vie, tout est compliqué», a-t-il commenté sur les ondes de la Radio Suisse Romande.
swissinfo avec les agences
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