Une douce tentation pour Nestlé
Hershey, numéro un du chocolat américain est à vendre. Nestlé, leader mondial de l'alimentation - très porté sur les sucreries - semble l'acheteur idéal.
Avec 31% de parts de marché, Hershey, le plus gros fabricant de chocolat aux Etats-Unis, est considéré comme une cible évidente pour Nestlé.
C’est lui en effet qui possède les licences américaines de fabrication et de distribution des marques KitKat et Rolo, deux produits-phares de la multinationale veveysanne.
Pour l’heure, François-Xavier Perroud, porte-parole de Nestlé, refuse d’en dire plus. Il admet toutefois que les Etats-Unis sont un marché clef dans la stratégie du groupe.
Ambitions affichées
«Nous sommes engagés dans une grosse opération sur le chocolat aux Etats-Unis, se contente de lâcher le porte-parole. Nous sommes numéro trois sur ce marché. Mais nous avons des ambitions et nous ne nous contenterons pas de rester éternellement en troisième position».
Jeudi, la Milton Hershey School Trust, une fondation de charité qui contrôle 77% du capital d’Hershey, a annoncé que la marque était à vendre au plus offrant. Et pour les analystes de la banque Vontobel à Zurich, Nestlé part largement favori, au vu de sa position de force sur le marché américain.
«Hershey ne peut présenter un réel intérêt que pour une entreprise qui accorde une importance stratégique à la confiserie au chocolat. Et ceci suffit à faire de Nestlé le favori», peut-on lire dans une note interne de Vontobel.
Les secteurs chocolat et confiserie représentent quelque 13% des 85 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel de Nestlé. Hershey, de son côté, est estimé à 12 milliards de dollars, une somme qui serait parfaitement dans les moyens du géant veveysan.
La concurrence sera rude
«Nestlé peut se permettre de faire la meilleure offre, au vu des synergies que lui offrirait cet achat. Et si quelqu’un voulait faire de la surenchère, n’oublions pas que Nestlé dispose d’énormes moyens», ajoute-t-on chez Vontobel.
Malgré cela, un autre analyste fait remarquer qu’un tel achat pourrait menacer la notation financière de Nestlé, qui est actuellement un triple A.
D’autre part, cette acquisition irait à l’encontre de la stratégie affichée du groupe, qui est de se concentrer sur la croissance interne et sur les secteurs à fort potentiel de développement.
Si Nestlé s’intéresse à Hershey, il n’est certainement pas le seul. Philip Morris, qui possède la marque Toblerone, Cadbury Schweppes, Pepsi, Mars et le fabriquant de chewing gum Wrigley sont tous considérés comme des concurrents potentiels.
Selon les spécialistes, cette vente serait la douzième plus grosse transaction des deux années écoulées, période qui a vu une refonte complète de l’industrie mondiale de l’alimentation.
On fait également remarquer que Hershey est à vendre au moment où le géant pharmaceutique Pfizer cherche à se défaite d’Adams, sa marque de confiserie. Mais même si un acheteur pourrait être tenté de s’offrir les deux, il semble admis que le coût et les obstacles légaux à franchir seraient trop élevés.
swissinfo/Robert Brookes
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