La Suisse unie dans la peur
Les analystes de la presse nationale sont unanimes: les Suisses ont peur. C'est la raison pour laquelle ils n'ont pas fait preuve d'audace lors des votations de dimanche.
Pour les commentateurs, les quatre initiatives proposées au peuple posaient de véritables questions de société. Tant l’avenir de l’armée qu’une réforme de la fiscalité ne sont pas des sujets sans importance.
Dans les jupes de «maman Helvétie»
Pourtant, les Suisses n’ont pas fait preuve d’audace. Et de loin… Toutes les initiatives ont été clairement refusées.
Les analystes sont unanimes à estimer que ces objets ne venaient pas au bon moment. L’insécurité ambiante ne pousse pas les citoyens à faire de l’expérimentation.
«Les Suisses ont peur, n’accordent aucune ouverture à des mesures à long terme et votent comme le leur dit Maman Helvétie», note ainsi 24 Heures. Pour la Tribune de Genève, le peuple s’est retrouvé «uni dans la prudence».
Même son de cloche du côté de la Liberté pour qui «après le 11 septembre, les démocraties occidentales ont besoin d’être rassurées».
Erreurs stratégiques
Mais les mauvais résultats des initiatives proviennent aussi des erreurs de la gauche. Par exemple, les Verts avaient déjà remporté un certain succès dans leur demande de taxer plus lourdement les énergies non renouvelables. Il n’était donc pas utile de revenir sur un sujet similaire.
Mais l’échec est encore plus patent pour les pacifistes. En demandant encore une fois l’abolition de l’armée, ils ont transformé le succès d’estime obtenu en 1989 en une «bonne gifle», selon les mots du Blick.
Pour la Liberté, les pacifistes se sont tirés une balle dans le pied. «Il était pour le moins étrange d’écouter ces dernières semaines les discours pacifistes de nos gauchistes helvétiques, alors que les socialistes et même les verts européens flinguent de l’Afghan derrière George W. Bush», note le quotidien fribourgeois.
La Neue Zuercher Zeitung n’est pas plus tendre. «En mettant une deuxième couche, le GSsA s’est abolit lui-même au lieu d’abolir l’armée», ironise le grand quotidien radical.
Les quatre initiatives de dimanche étaient issues des rangs de la gauche. Pour la presse, le scrutin de dimanche constitue donc pour elle un véritable Waterloo. «Une défaite cinglante pour le camp qui se qualifie volontiers du progrès», conclut Le Temps.
Olivier Pauchard
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