Le somnambulisme, un trouble peut-être génétique
Le premier gène associé au somnambulisme a été identifié à l'Université de Genève.
Déjà connu des chercheurs travaillant sur le système immunitaire, le HLA-DBQ1 est d’ailleurs associé à d’autres troubles du sommeil.
Cette étude a été réalisée par une équipe de chercheurs du département de psychiatrie de l’Université de Genève. Et ses résultats viennent d’être publiés dans la revue scientifique «Molecular Psychiatry».
«Les scientifiques connaissaient déjà la composante héréditaire de cette maladie depuis près de 30 ans. Mais aucune preuve n’a été apportée sur la dimension génétique de ce trouble», lance Mehdi Tafti, neurophysiologiste spécialiste du sommeil et directeur de l’équipe de chercheurs.
Mais, d’emblée, Mehdi Tafti met un bémol: «Notre étude est la première consacrée à cette maladie. Mais ses résultats doivent être encore corroborés par d’autres études similaires».
Pour l’heure, ces résultats ne sont donc que des hypothèses. Pour ajtant, dit le neurophysiologiste, il y a de «grandes probabilités que le somnambulisme soit réellement une maladie génétique».
Des résultats significatifs
«Nous savons, poursuit-il, que deux maladies liées au sommeil, la narcolepsie (accès brusque de sommeil) et le trouble du comportement du sommeil paradoxal (mouvements violents durant le sommeil), sont associées à des variants de ce gène HLA-DBQ1, qu’on appelle des allèles».
Forts de ces connaissances, les chercheurs ont décidé de comparer 60 malades atteints de ce trouble avec 60 autres personnes qui ne souffrent pas de ce désordre.
Résultat: 35% des somnambules partagent un allèle similaire à ce gène DBQ1, contre 13,3% pour l’autre groupe.
«Concrètement, précise le chercheur, cela signifie qu’un porteur de cet allèle à 3,5 fois plus de risques d’être somnambule qu’une personne qui en est dépourvue».
Du point de vue médical, ce constat vaut son pesant d’or. D’ailleurs, Mehdi Tafti franchit le pas: «Ce facteur de 3,5 est suffisamment significatif pour affirmer que le HLA-DBQ1 est associé à ce trouble du sommeil».
Parallèlement, les résultats d’une étude sur la transmission de ce même gène par les parents des 60 somnambules sont éloquents.
En effet, 82% d’entre eux ont transmis le gène à leurs enfants, alors que le risque normal de transmission d’un gène est de 50% seulement.
Une maladie auto-immune?
Cette découverte genevoise vient améliorer la connaissance de ce gène, déjà connu pour ses fonctions de protection de l’organisme contre des attaques extérieures.
Elle pourrait même démontrer que ces troubles – le somnambulisme, la narcolepsie ou encore le trouble de comportement du sommeil paradoxal – sont des maladies auto-immunes comme le diabète ou la sclérose en plaque.
swissinfo, Jean-Louis Thomas
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