Les anti-nucléaires ne veulent pas de la nouvelle loi
Le comité «Sortir du nucléaire» manifeste contre la loi que le Conseil fédéral veut promulguer avant le vote de son initiative. Mercredi, il a déposé 45 000 signatures sur le bureau de Moritz Leuenberger.
Déposées l’an dernier, les deux initiatives populaires «Sortir du nucléaire» et «Moratoire plus» ne passeront pas en votation avant 2003. Le Département de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC) profite de ce délai pour préparer une nouvelle loi sur l’énergie atomique. La procédure de consultation s’achève ces jours-ci.
Pour les anti-nucléaires, ce texte est inadmissible, notamment parce qu’il ne fixe pas de durée de vie maximum aux cinq centrales tournant aujourd’hui en Suisse. Le comité responsable de l’initiative «Sortir du nucléaire» l’a fait savoir, mercredi matin, à Berne, en présentant les cinq points qu’il veut absolument voir figurer dans une future loi.
«Nous voulons une loi pour sortir du nucléaire», martèlent les opposants à l’atome. Concrètement, ils exigent un arrêt des centrales après 30 ans d’activité, l’interdiction d’exporter les déchets, la démocratisation des procédures d’autorisation, ainsi que l’obligation pour les exploitants de conclure une assurance responsabilité civile illimitée et de trouver eux-mêmes une solution pour leurs déchets.
Ces exigences sont résumées sur un tract que «Sortir du nucléaire» est parvenu à faire signer à 45 000 exemplaires. Sur le coup de midi, les anti-nucléaires sont allés les déposer chez Moritz Leuenberger.
Ils n’ont pas été reçu par le conseiller fédéral. N’empêche, maintenant, le chef du DETEC sait exactement ce que les plus actifs parmi les militants écologistes pensent de son avant-projet de loi.
D’ailleurs, dans la matinée de mercredi, les opposants à Mühleberg ont également donné de la voix, en présentant une étude qui démontre la vétusté et le caractère dangereux de la centrale atomique bernoise.
Une manière d’entrer en campagne trois mois avant le vote sur l’initiative cantonale qui demande la mise à la retraite de la plus ancienne centrale du pays, après… 30 ans d’exploitation.
Marc-André Miserez
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