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Un soutien populaire sans faille

Les ministres Pascal Couchepin (à gauche) et Hans-Rudolf Merz, vainqueurs du jour. Keystone

En acceptant nettement les trois objets soumis à votation dimanche, les Suisses ont suivi leur gouvernement et leur parlement sur toute la ligne.

La loi sur les cellules souches et la réforme de la péréquation financière ont passé la rampe avec plus de 60% des voix, et le nouveau régime financier avec plus de 70%.

«Ce résultat exprime la confiance en la recherche», a dit dimanche soir le ministre de l’intérieur, saluant le oui à la loi sur les cellules souches.

Selon Pascal Couchepin, le taux d’approbation généralement plus élevé en Suisse romande s’explique par le fait que les «Romands sont plus inspirés par la conviction que la science peut résoudre tous les problèmes».

Le ministre s’est réjoui en particulier du peu de différences dans les résultats entre les campagnes et les villes ou les confessions.

Il a aussi rendu hommage à la démocratique helvétique: «aucun pays au monde n’ose confier le sort de ce genre de sujet à la population».

Pour son collègue des finances Hans-Rudolf Merz, le oui clair à la nouvelle péréquation financière est «un soutien au fédéralisme».

Le grand argentier a promis que les craintes des associations de handicapés – qui étaient opposées au nouveau modèle de financement – seraient prises en compte dans l’application.

La victoire à nouveau

Avec ce triple oui, le gouvernement a de quoi être satisfait. D’autant qu’il renoue avec la victoire.

En effet, il n’avait plus connu un soutien populaire sans faille depuis le scrutin du 18 mai 2003, qui portait pourtant sur neuf objets.

C’est également le premier succès de la nouvelle équipe qui a pris ses fonction en janvier 2004.

A noter tout de même que ces trois objets n’ont pas mobilisé les foules. En effet, dimanche, seuls quelque 36% de Suisses ont accompli leur devoir civique.

Il s’agit de la participation la plus faible depuis février 2003, où l’on avait frôlé le plancher historique (26,7%) de juin 1972.

Mieux que prévu

La loi relative à la recherche sur les cellules souches obtient globalement 66,4% de oui. C’est nettement plus que les 52% que laissaient prévoir le dernier sondage de l’Institut gfs.bern pour le compte de SSR idée suisse.

Emmenée par les milieux de défense de la vie, les écologistes et une partie de la gauche, les opposants à cette loi ont donc perdu du terrain dans les derniers jours précédant le scrutin.

Le canton de Genève est celui qui se montre le plus favorable à la loi, avec 85% de oui, talonné par Vaud (84%). Les autres cantons romands sont, eux aussi, au-dessus de la moyenne nationale, avec 75% de oui à Neuchâtel, 71% dans le Jura et 70% à Fribourg.

Seule exception, le Valais, canton catholique, qui ne dit oui qu’à 56%. A remarquer également que les deux Bâle – bastions de la chimie suisse – sont, eux aussi, un peu au dessus de la moyenne nationale, avec 68 et 69% de oui.

Solidarité fédérale

Les craintes concernant l’issue de réforme de la péréquation financière et de la répartition des tâches – suscitées notamment par une grande part d’indécis dans les sondages – se sont révélées infondées.

La complexité du dossier et l’opposition de la gauche et des associations de handicapés n’ont pas réussi à faire capoter cette «refonte du fédéralisme».

Ainsi, le score final (64,4% de oui) est-il là aussi nettement supérieur aux 53% que laissaient prévoir le dernier sondage.

Seuls trois des cantons appelés à délier davantage les cordons de la bourse (Zoug, Schwytz et Nidwald) ont dit non. A Zoug, qui compte parmi les plus forts «payeurs», l’opposition a même atteint 83,7%.

Genève, Zurich et Bâle-Campagne, qui devraient aussi pâtir financièrement de la nouvelle péréquation, n’ont par contre pas suivi le mouvement de contestation.

Les champions du oui ont été les Uranais, avec 82%, suivis des Bâlois (75,5%) et des Bernois (72%).

Les taxes fédérales

Enfin, le nouveau régime financier, qui n’avait suscité aucune opposition durant la campagne, a lui aussi été accepté sans problème. Seul Zoug l’a refusé du bout des lèvres (51%), dans la foulée de son opposition à la péréquation financière.

La Confédération continuera donc de prélever la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et l’Impôt fédéral direct, qui lui assurent plus de 60% de ses recettes, jusqu’en 2020.

Le régime financier ne vise en fait qu’une prolongation du système fiscal en vigueur, qui arrivait à échéance en 2006.

swissinfo et les agences

– La Loi fédérale relative à la recherche sur les cellules souches embryonnaires est acceptée par 66,4% des votants.

– L’Arrêté fédéral concernant la réforme de la péréquation financière et de la répartition des tâches entre la Confédération et les cantons est accepté par 64,4% des votants.

– L’Arrêté fédéral sur un nouveau régime financier est accepté par 73,8% des votants.

– La participation est de 35,7%.

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