Armée: aucun besoin du DRA-10 sur sol suisse, dit Mme Keller-Sutter
(Keystone-ATS) Berne – La présidente des directeurs cantonaux de justice et police Karin Keller-Sutter estime que l’utilisation du corps d’élite de l’armée DRA-10 avant tout pour des opérations ponctuelles sur le territoire suisse n’est pas une bonne idée. La proposition avait été faite fin décembre par Ueli Maurer.
«Je ne vois pas la nécessité d’utiliser cette unité dans le pays», a indiqué Mme Keller-Sutter dans un entretien accordé à l’hebdomadaire dominical «SonntagsZeitung». Le ministre de la Défense Ueli Maurer avait annoncé ce changement d’orientation du DRA-10 dans sa conférence annuelle à l’intention des médias à Adelboden.
«Il n’y a eu aucune consultation formelle sur le sujet», a ajouté la cheffe du Département de la justice du canton de Saint-Gall. Le Conseil fédéral a créé, avec le DRA-10, un instrument de sécurité destiné à la politique étrangère.
«Ces gens hyperspécialisés sont entraînés pour libérer des otages ou autres opérations délicates à l’étranger». En temps de paix, la sécurité est de la compétence des cantons, et ceux-ci «disposent de suffisamment de troupes d’intervention».
«On connaît le peu de goût qu’a M. Maurer pour l’engagement de la troupe à l’étranger». S’il veut utiliser le DRA-10 uniquement sur le sol national, «ont ne voit d’ailleurs pas pour quel usage, cela revient à le supprimer de fait», poursuit Mme Keller-Sutter.
L’affaire des otagesUeli Maurer avait fondé ce changement d’orientation dans l’utilisation du corps d’élite sur «l’impossibilité politique» de mener des actions à l’étranger contre la volonté de l’Etat concerné.
La dernière fois qu’il avait été question du DRA-10, c’est lorsque le Département fédéral des affaires étrangères et celui de la Défense avaient examiné la possibilité de l’utiliser pour exfiltrer les deux otages suisses aux mains des Libyens.