Assurance chômage: le National taille dans les prestations
(Keystone-ATS) Berne – Au 2e jour du débat sur la 4e révision de l’assurance chômage, le National a continué à durcir les conditions d’obtention des indemnités, notamment pour les personnes sans enfant à charge. Il a aussi repris les délais de carence prolongés introduits par le Conseil des Etats.
La prolongation des délais de carence est tombée par 116 voix contre 69. Actuellement, le droit aux indemnités commence à courir après cinq jours. A l’avenir, les chômeurs qui ne doivent pas entretenir d’enfant et qui disposent d’un revenu entre 60’001 et 90’000 francs risquent de toucher des indemnités seulement après 10 jours.
L’attente passerait à 15 jours pour un revenu jusqu’à 125’000 francs et à 20 jours pour un salaire supérieur. Les économies attendues atteignent 43 millions de francs. La gauche s’est insurgée en vain contre cette prolongation «déplacée, injuste et contraire aux engagements internationaux».
Dans la foulée, la chambre du peuple a introduit, par 98 voix contre 87, un «délai d’attente spécial» de 260 jours pour les personnes qui sortent d’une formation ou d’une reconversion professionnelle. Cela permettrait d’épargner quelque 60 millions supplémentaires, a fait valoir Peter Spuhler (UDC/TG).
Le camp rose-vert a fustigé cette mesure «inique», à ses yeux. La ministre de l’économie Doris Leuthard s’est elle aussi montrée sceptique.
Le Conseil fédéral avait mis cette proposition en consultation mais a fait marche arrière en raison d’une levée de boucliers, a rappelé la ministre de l’économie. Les étudiants seront déjà pénalisés car ils ne devraient plus avoir droit qu’à quatre mois de chômage, au lieu d’un an.
Les débats se poursuivent.