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Cinquième Suisse

Aujourd'hui en Suisse

Bonjour à vous, chers Suisses de l’étranger.

Après le coup d’arrêt imposé par le coronavirus, les militants écologistes reprennent du service en Suisse. Une grosse semaine a débuté pour eux, avec une série d’actions pour le climat prévues jusqu’à vendredi, et deux procès très médiatiques.

Également au programme du jour: de nouvelles révélations sur l’argent sale qui transite dans les grandes banques du monde -et donc aussi de Suisse-, la pollution générée par les «déchets Covid» et la marine helvétique dans la tourmente.

Très bonne lecture,

Ce contenu a été publié le 21 septembre 2020 - 17:00


Des militants écologistes ont investi le parvis du Parlement fédéral à Berne tôt lundi matin. Keystone / Peter Schneider

Le coup d’envoi d’une semaine d’actions pour le climat a été donné ce matin à Berne. Des militants de plusieurs organisations écologistes ont investi la Place fédérale et y ont planté des tentes. Les organisateurs parlent de «centaines de personnes». Cette semaine de manifestations, baptisée «Debout pour le changement», doit durer jusqu’à vendredi.

Les activistes dénoncent le «système économique et politique, responsable de la crise climatique». «La politique institutionnelle, l’élite économique et la place financière ne prennent toujours pas les mesures (…) nécessaires» et «financent (…) des projets basés sur l’exploitation d’énergies fossiles», accuse leur communiqué.

La semaine sera aussi ponctuée par deux importants procès en appel de militants pour le climat. Le premier s’est ouvert aujourd’hui à Genève. Il concerne un activiste condamné en première instance pour avoir souillé la façade de la banque Credit Suisse à la peinture rouge.

Et demain mardi, il s’agira du procès en appel de 12 jeunes qui avaient organisé un match de tennis parodique dans une succursale Credit Suisse à Lausanne. Ils avaient été acquittés en première instance, un jugement qui avait fait grand bruit.

Vous voulez comprendre ce qui anime ces militants? Un documentaire, dont la sortie est prévue cet automne, raconte l’engagement écologiste de cinq jeunes de Bienne. Dans «Plus chauds que le climat», les réalisateurs suisses Adrien Bordone et Bastien Bösiger constatent que le coronavirus n’a pas entamé leur ferveur.


Le système suisse de lutte contre le blanchiment d'argent comporte des failles, selon un spécialiste. © Keystone / Christian Beutler

Une nouvelle fuite de données bancaires montre que les grandes banques restent poreuses au blanchiment d’argent. Le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) a eu accès à des milliers de «rapports d’activité suspecte» adressés par des banques du monde entier à la FinCEN, la police financière du Trésor américain.

Conclusion: des montants colossaux d’argent sale ont transité durant des années par les plus grandes banques du monde. Si l’investigation porte surtout sur cinq institutions bancaires - JPMorgan Chase, HSBC, Standard Chartered, Deutsche Bank et Bank of New York Mellon-, plus de 2000 transactions suspectes concernent des banques suisses, pour plusieurs milliards de dollars.

Le principal responsable de la lutte contre l’argent sale en Suisse dénonce les failles du système. Daniel Thelesklaf est l’ancien chef du Bureau suisse de communication en matière de blanchiment d’argent, le MROS. Il a démissionné en juin, après moins d’un an en fonction, et livre aujourd’hui aux journaux de Tamedia sa première prise de parole depuis son départ.

Pour lui, «la lutte de la Suisse contre l’argent sale est archaïque». Le spécialiste pointe des limites techniques -«nous sommes techniquement encore au 19e siècle», dit-il- et surtout les obstacles posés par le droit pénal. «Les procureurs doivent (…) prouver (…) que l’argent suspect provient d’un crime. Mais pour prouver de la corruption ou une fraude (…), ils doivent demander l’entraide du pays concerné», explique Daniel Thelesklaf. Ce que peu de pays sont enclins à faire.


Un volontaire passe devant les déchets récoltés lors du nettoyage annuel du lac Léman, le 20 septembre. Keystone / Martial Trezzini

Les masques de protection s’ajoutent désormais aux détritus qui polluent l’environnement. Plus de 1300 bénévoles ont pris part ce week-end en Suisse au «World Clean-up Day», une journée internationale dédiée au ramassage des déchets sauvages.

Une quarantaine d’opérations de nettoyage ont été menées à travers la Suisse -dans les lacs et sur leurs rivages, dans les zones urbaines, en forêt ou à la montagne. Au total, plus de cinq tonnes de déchets ont été ramassés, dont 194'000 mégots de cigarettes et plus de 500 masques de protection contre le coronavirus.

D’une manière générale, les déchets ont augmenté dans les plans d’eau à cause de la pandémie. La fermeture des restaurants et des bars a en effet encouragé les rassemblements sur les plages. Rien que dans le lac Léman, 112 masques anti-Covid et un nombre de couverts «largement supérieur» à la situation habituelle ont été retrouvés, selon l’un des organisateurs.

Le ramassage effectué dans la Versoix, cette rivière qui traverse les cantons de Vaud et Genève, a donné des résultats comparables. Plus de 2300 mégots, plus de 300 bouteilles ou canettes, environ 25 masques anti-Covid et 150 kilos de déchets supplémentaires ont été ramassés.


Le cargo "le Lausanne". DR

La marine suisse est en crise. Alors qu’elle comptait encore 50 cargos pour 6 armateurs en 2016, la flotte helvétique ne comprend plus aujourd’hui que 20 navires pour trois armateurs. «La disparition pure et simple de la flotte battant pavillon suisse est à craindre d’ici 2023, si aucune mesure d’urgence n’est prise à très court terme», a récemment alerté l’Association des armateurs suisses (Swiss Shipowners Association).

Ces dernières années, la flotte de haute mer a accumulé des pertes par millions. La Confédération a dû honorer le cautionnement de plusieurs bateaux battant pavillon suisse. Et ce n’est pas la seule difficulté qui guette la marine helvétique: le pavillon à croix blanche, actuellement sur la liste grise de l’Organisation maritime internationale, pourrait passer sur liste noire.

Ses navires seraient alors considérés, au plan international, comme présentant un risque élevé. Pourquoi? Parce qu’en raison de la taille réduite de la flotte, les inspections de navires battant pavillon suisse dans des ports lointains et dispersés sont devenues aléatoires. Or, les accords internationaux exigent un minimum de contrôles sur les navires.

Le Conseil fédéral vient donc de prendre une mesure d’urgence totalement inédite: les navires suisses cautionnés par la Confédération pourront changer de pavillon et opter pour des couleurs moins exposées. Ce qui leur permettra d’éviter les conséquences d’un éventuel placement sur liste noire.


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