Quand le patron «vaut» 720 fois son employé
Les écarts salariaux se sont encore creusés ces dernières années: ils ont bondi de 72% depuis 2002. Ils ont même augmenté de 264% chez ABB et de 259% chez l'assureur Bâloise au cours de la période sous revue, montre une enquête menée par Travail.Suisse.
Globalement, les rémunérations de la direction des grands groupes helvétiques ont crû de 83%. Tandis que les salaires nominaux des travailleurs se sont améliorés de 8,4%, et seulement de 1,3% exprimé en pourcentage réel, a précisé lundi devant les médias à Berne Matthias Humbel, collaborateur projets du syndicat Travail.Suisse.
La palme des rémunérations les plus élevées revient au président-directeur général de Novartis, Daniel Vasella. Son salaire de plus de 40 millions de francs correspond à un écart de 1 contre 720.
Les écarts salariaux se sont certes quelque peu amenuisés dernièrement: de 2007 à 2008, le salaire moyen d’un top manager a régressé de 4% et la différence salariale s’est réduite de 6%. Dans onze sociétés suisses néanmoins (ABB, Bâloise, Clariant, Nestlé, Novartis notamment), sur les 27 examinées, celle-ci s’est accrue.
ABB a montré l’éventail salarial le plus large l’an passé. D’un rapport de 1 contre 93 auparavant, la différence entre le salaire le plus bas du groupe industriel zurichois et la rémunération moyenne d’un membre de la direction est passé à 1 contre 158, soit une progression de 70%.
Record également d’ABB au niveau des salaires de la haute hiérarchie. La rémunération de son directeur général, Joe Hogan, atteint un montant 427 fois supérieur au salaire le plus bas versé au sein du groupe.
Selon Travail.Suisse, «les excès salariaux des managers ont carrément conduit à l’effondrement de l’économie». «Il faut faire sauter ce cartel», a lancé son président, Martin Flügel. L’association prône la restauration du partenariat social, via l’admission des employés au sein des conseils d’administration.
Autre revendication: la limitation des boni, et cela à un mois de salaire environ. Il est d’autre part «évident» que les parachutes et hélicoptères dorés doivent être interdits, a martelé Martin Flügel.
Pour mémoire, selon les derniers sondages, 75% des citoyens soutiennent l’initiative populaire contre les rémunérations abusives.
swissinfo.ch et les agences
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