Aujourd’hui en Suisse
Bonjour à vous, Suisses de partout,
C’est Marc-André à Fribourg, où, comme dans tout le pays, l’école est finie. De quoi réjouir pas mal d’enfants et rassurer certains parents. Après la France et l’Italie, la Suisse adopte donc des mesures drastiques pour enrayer la propagation de l’épidémie de coronavirus, en interdisant notamment les manifestations de plus de 100 personnes.
Nous parlerons aussi de solidarité au Tessin, de libre-circulation des personnes et d’une drôle de micro-taxe qui prétend remplacer les impôts.
Bonne lecture,
Beaucoup l’attendaient, c’est décidé: toutes les écoles suisses vont fermer pour quelques semaines. Avec l’interdiction des manifestations de plus de 100 personnes, c’est la mesure la plus spectaculaire annoncée ce vendredi pour lutter contre le coronavirus.
Alors que le pays compte plus de 1000 personnes contaminées et déplore sept morts, la Suisse adopte des mesures similaires à celles prises par ses voisins italien et français.
Le message du ministre de la santé Alain Berset est clair: il n’y a pas de raisons particulières d’avoir peur, mais il faut absolument enrayer la propagation de l’épidémie. Et pour cela, il est important que chacun joue le jeu, même s’il ne se sent pas directement concerné.
- Le point de la situation, par mon collègue Samuel Jaberg, avec les agences et la RTS
- Les mesuresLien externe décidées par le Conseil fédéral en détail
- La page «Questions-Réponses»Lien externe de l’Organisation mondiale de la Santé sur le coronavirus
Le coronavirus ne crée pas qu’inquiétudes et rumeurs. L’épidémie génère aussi des mouvements de solidarité, comme au Tessin, où des habitants hébergent spontanément des frontaliers italiens du secteur de la santé, pour qui passer la frontière est devenu plus difficile.
«Je mets gratuitement à disposition un logement pour le personnel médical/infirmier qui doit séjourner dans notre canton»: c’est un exemple des nombreux messages que des Tessinois publient sur Facebook depuis le week-end dernier. Sur les presque 70’000 frontaliers qui se rendent chaque jour au Tessin pour y travailler, plus de 4000 sont actifs dans le secteur des soins.
«Quelle que soit l’évolution de la situation, j’ai senti que je voulais faire partie de la solution et non du problème», a dit la créatrice d’un des premiers de ces groupes de solidarité.
Des groupes Facebook se sont également formés dans les villes de Zurich et de Bâle. Leur objectif est de faire en sorte que les citoyens en bonne santé fassent les courses pour les groupes à risque.
- L’article de mon collègue Zeno Zoccatelli
Swixit: le terme n’est pas encore médiatique, mais ce brexit helvétique pourrait se produire si les Suisses acceptent l’initiative de l’UDC contre la libre circulation le 17 mai.
L’UDC est seule à défendre son idée, combattue par les autres partis, les autorités et l’économie. Défaite assurée? Pas si vite: en 2014, on ne donnait pas cher de son initiative dite «Contre l’immigration de masse», qui avait pourtant passé la rampe – de justesse.
C’est d’ailleurs la mise en œuvre, jugée timide, de ce premier texte, qui a poussé la droite conservatrice à remettre la compresse. Cette fois, elle s’en prend au pivot du premier paquet d’accord bilatéraux avec Bruxelles, au risque de faire tomber tous les autres.
Si l’UDC agite le spectre d’une immigration «démesurée», les chiffres disent juste le contraire. Entre 2013 et 2018, le solde migratoire en provenance de l’Europe a diminué de moitié, passant de près de 61’000 à 30’900.
- L’article de ma collègue Katy Romy
- Notre dossier sur la nouvelle immigration européenne en Suisse
- Notre dossier sur les travailleurs frontaliers, migrants du quotidien
- Notre dossier sur les relations entre la Suisse et l’Union européenne
Supprimer les impôts fédéraux et les remplacer par une micro-taxe sur les transactions électroniques. C’est l’idée iconoclaste que prône une initiative populaire, lancée il y a quelques jours.
Il suffirait de quelques fractions de pourcent pour faire tomber la TVA, l’impôt fédéral direct et le droit de timbre. Selon les promoteurs de l’initiative, une famille qui déclare 100’000 francs de revenu économiserait chaque année 4000 francs d’impôts.
C’est que les transactions sans espèces représentent bien plus que nos paiements par carte au magasin ou sur internet. L’immense majorité de l’assiette de ce nouvel impôt serait constituée par les volumes colossaux des opérations bancaires, en bourse, sur les marchés des changes et autres produits dérivés.
Pour ses partisans, la micro-taxe est un système équitable, moderne et facile à mette en œuvre. Pour ses adversaires, elle ferait courir le risque de voir les banques suisses aller faire leurs affaires à l’étranger. Le débat est ouvert.
- L’article de mon collègue Armando Mombelli
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